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Économie
Le taux de pauvreté dépasse maintenant les 50% en Argentine

NEW YORK, NEW YORK - SEPTEMBER 24: Javier Milei, President of Argentina, speaks during the United Nations General Assembly (UNGA) at the United Nations headquarters on September 24, 2024 in New York City. World leaders convened for the General Assembly as the world continues to experience major wars in Gaza, Ukraine and, Sudan along with a threat of a wider conflict in the Middle East.   Michael M. Santiago/Getty Images/AFP (Photo by Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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La pauvreté en Argentine a atteint 52,9% de la population au premier semestre 2024, un bond de plus de 11 points sur six mois, portant sur la période d’austérité menée par le président ultralibéral Javier Milei depuis décembre.

Quelque 15,7 millions d’Argentins, soit 52,9%, vivaient sous le seuil de pauvreté au premier semestre, contre 41,7% au second semestre 2023, selon les chiffres de l’Institut national de statistiques (Indec), les premiers couvrant la présidence Milei.

200 francs par mois

Selon l’Indec, être «pauvre» en Argentine début 2024, était de disposer de moins de 237’000 pesos (un peu plus de 200 francs). L’indigence, ou extrême pauvreté, sous le seuil d’un panier alimentaire de 107’000 pesos (92 dollars) a elle aussi fortement augmenté: 5,4 millions d’Argentins, soient 18,1% de la population. Un saut de plus de 6 points.

L’enquête semestrielle de l’Indec sur la pauvreté est une extrapolation, appliquée à la population totale, sur la base d’un échantillon statistique de 31 centres urbains.

Javier Milei, économiste «anarcho-capitaliste» comme il se décrit, mène depuis neuf mois une politique d’austérité drastique, qui a vu en particulier une dévaluation brutale du peso de 54% fin 2023, et un assèchement de la dépense publique, au nom de l’objectif «zéro déficit» budgétaire.

Le fond pas encore touché

Cette thérapie «de choc» a entraîné une décélération marquée de l’inflation, ramenée à autour de 4% mensuels (contre 17% en moyenne par mois en 2023) et des équilibres budgétaires mensuels successifs, sans précédent depuis 15 ans.

Mais elle a aussi conduit à une forte récession (-3,5% prévus a fin 2024), une baisse d’activité et des milliers de pertes d’emploi: le chômage est passé en un an de 6,2% à 7,7%. Un chiffre qui ne dit rien, pourtant de l’impact sur l’énorme secteur informel (+ de 45%)

Hormis quelques semestres faisant exception, la tendance lourde en Argentine est à la hausse de la pauvreté depuis 2017, quels que soient les gouvernements: du libéral Mauricio Macri (2015-2017), ou du péroniste Alberto Fernandez (2019-2023).

Pas de mieux rapide en vue

Mais elle n’avait jamais atteint 50% depuis une vingtaine d’années, quand la troisième économie d’Amérique latine se remettait à peine de sa «Grande crise» traumatique – et émaillée de violences – de 2001.

Le porte-parole présidentiel Manuel Adorni a invoqué jeudi «la dure réalité» et les «bombes à désactiver» laissées par le gouvernement péroniste. «Personne n’a jamais dit que ce serait simple, que l’activité ne souffrirait pas». «La meilleure façon de lutter contre la pauvreté est de lutter contre l’inflation», a-t-il insisté, défendant le cap d’austérité.

L’exécutif mise sur une reprise spectaculaire (jusqu’à +5%) mais seulement en 2025. «À quoi s’attendre au deuxième semestre? L’inflation s’est stabilisée, mais la clé sera la récupération réelle des salaires, en particulier dans le secteur informel. Si les salaires ou la création d’emplois ne s’améliorent pas, on ne verra pas d’amélioration significative de la pauvreté», prédit Santiago Coy, sociologue du Centre de recherche des politiques publiques.

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