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SuisseLa pandémie a révélé de nouvelles inégalités hommes-femmes

Si les femmes ont été en première ligne durant la crise due au coronavirus, les hommes ont été surreprésentés à tous les niveaux, y compris à la Confédération, relève la presse dominicale.

Au niveau du Conseil fédéral également, le ministre de la santé Alain Berset a été plus présent que la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga.
Au niveau du Conseil fédéral également, le ministre de la santé Alain Berset a été plus présent que la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga.
KEYSTONE

Un an après la grève des femmes du 14 juin 2019, plusieurs journaux se penchent sur les inégalités de genre durant la pandémie. Le «SonntagsBlick» se fait l’écho d’une étude de l’Institut britannique d’études fiscales qui montre que lors du télétravail, ce sont beaucoup plus souvent les mères qui interrompaient leur activité pour s’occuper du ménage et des enfants.

Les pères ont pu travailler sans être dérangés pendant 70% de leur temps. Ce pourcentage n’est que de 53% pour les mères. Point positif toutefois, le temps que les pères ont passé avec leurs enfants a pratiquement doublé pendant le confinement, passant de quatre à huit heures par jour.

Experts masculins surreprésentés

Le «Matin Dimanche» souligne quant à lui que, si les femmes étaient en première ligne dans la lutte contre le coronavirus, les hommes sont surreprésentés parmi les experts qui ont pris la parole. La task force scientifique de la Confédération compte par exemple 43 hommes et 19 femmes. Autre exemple, seul un tiers des vidéos diffusées par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) pour répondre à des questions fréquentes étaient des femmes.

Au niveau du Conseil fédéral également, le ministre de la santé Alain Berset a été plus présent que la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga. Interviewée dans le «Matin Dimanche», la Bernoise reconnaît que c’est lorsque quelqu’un lui a demandé si seuls les hommes géraient la crise qu’elle a compris que les femmes du Conseil fédéral n’étaient peut-être pas assez impliquées dans la communication de la crise, bien qu’elles soient fortement impliquées dans sa gestion.

«Cette pandémie a cristallisé des inégalités déjà existantes et les a rendues visibles», avance Janine Dahinden, professeure à l'Université de Neuchâtel. Et d’ajouter que «notre société voit encore le pouvoir et l’expertise comme des choses très masculines».

ATS/NXP