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Arts vivantsLa musique reprend ses droits à Veyrier

Du 14 au 23 août aura lieu le festival artistique L’Été au verger. Au programme, concerts, théâtre et création littéraire.

De gauche à droite: Émilie Weibel, Élène Bidaux, Corinne Walker et Émilie Bretton, l’équipe de coordination du festival.
De gauche à droite: Émilie Weibel, Élène Bidaux, Corinne Walker et Émilie Bretton, l’équipe de coordination du festival.
LAURENT GUIRAUD

Au hameau du Petit-Veyrier, un somptueux domaine verdoyant s’apprête à accueillir un festival d’arts vivants. Une ambiance propre au sud de la France se dégage, le temps est au beau fixe et des arbres fruitiers ombragent l’endroit. Dès vendredi soir, ce ne sont pas les cigales qui animeront le lieu, mais le son des instruments de musique. Pour le moment, tout est très silencieux. Le calme avant la tempête…

À l’approche de la première date du festival, l’excitation monte chez les organisatrices. Pour elles, tout s’accélère. Les tentes sont déjà en place dans le grand verger qui se transformera bientôt en salle de concert. Les loges installées dans une grange se préparent à héberger les intermittents et les bénévoles découvrent avec joie des t-shirts à l’effigie du festival fraîchement livrés. Elles ont hâte de présenter le projet sur lequel elles travaillent depuis deux mois.

«Sur un coup de tête un peu fou»

L’idée de construire ce rassemblement artistique a germé en juin dernier dans l’esprit d’Émilie Weibel, jeune violoniste: «Tout part d’un constat simple: le monde de la musique a été paralysé à cause de la crise sanitaire et ça ne pouvait plus durer. C’est sur un coup de tête un peu fou que j’en ai parlé à ma mère et à mes amies. On a réussi à former une équipe très complémentaire, chacune avec nos qualités et nos domaines de compétence.» L’idée initiale était de concentrer la programmation sur la musique classique mais, après différentes concertations, la ligne éditoriale s’est élargie pour mettre en place un festival éclectique. Jazz, musique lyrique, théâtre, inspirations latines… il y en aura pour tous les goûts. La musicienne avoue: «Tous les jours, une idée nouvelle arrivait pour enrichir la programmation, mais comme on n’avait que deux mois pour tout préparer, il a fallu nous contenir un peu pour ne pas partir dans tous les sens (rires).»

«Tout part d’un constat simple: le monde de la musique a été paralysé à cause de la crise sanitaire et ça ne pouvait plus durer»

Émilie Weibel, violoniste et coordinatrice de L’Été au verger

Ce festival est non seulement un service rendu à un public suisse très demandeur, mais également une reconnaissance envers les artistes. Corinne Walker, l’une des coordinatrices, explique: «On tient à rémunérer correctement musiciens et comédiens. Ils ont vécu une saison difficile, notamment ceux qui travaillent en free-lance. Habituellement le printemps est une période très active pour eux; là, tout a été bloqué d’un coup. Il est donc normal de les aider et de les soutenir avec un bon cachet.» La programmation s’est construite à partir de nombreux contacts qu’avait l’équipe de mélomanes. Elles révèlent: «Il n’a pas été difficile de convaincre les artistes, ils rêvent tellement de se produire et de retrouver leur public après cette longue pause forcée qu’ils ont accepté de se mêler au projet sans aucune hésitation.»

Respecter la nature

Comme beaucoup de festivals aujourd’hui, l’équipe de coordination tient à mettre sur pied un projet éthique et respectueux de l’environnement. L’usage du plastique est proscrit; la plupart des infrastructures sont faites main, comme en témoigne cette scène construite à base de palettes réutilisées. Pour la bénévole engagée Émilie Bretton, ces petits gestes devraient devenir la norme: «C’est absurde de continuer à utiliser abondamment du plastique dans les événements culturels, il y a suffisamment de moyens pour l’éviter. L’Été au verger, c’est aussi une ode à la nature, on se doit d’être cohérents jusqu’au bout.»

Dans cette même logique, Élène Bidaux tient à proposer une restauration 100% locale. C’est une précision qui compte beaucoup pour cette ancienne élève de l’École hôtelière: «Ma mère siège au Grand Conseil genevois pour le label Genève Région - Terre Avenir (GRTA) et mon père est agriculteur. Ils m’ont inculqué l’importance de consommer local et ce sera le cas sur le festival. Les vins, la bière, les repas… on ne vendra que des produits du coin.»

Ayant reçu le soutien de la Commune de Veyrier et des commerces environnants, L’Été au verger est un rendez-vous à ne pas manquer. Le festival met en avant un cru de jeunes artistes qui sauront satisfaire un large public. À l’image d’un programme mixte, les soirées vogueront entre esprit folk, jazz, classique, baroque, latino ou lyrique. Le tout se déroulera dans une ambiance intimiste, où la quiétude de l’endroit sera bousculée par des ambiances variées selon les nombreux genres musicaux proposés. En prime, le cadre d’exception de ce domaine offrira une vue imprenable sur les vignes de Veyrier, juste derrière la scène.

Première date le vendredi 14 août de 19 h à 21 h. Programmation et réservations sur www.eteauverger.com