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La médaille ou le parlement? Un dilemme pour Guy Mettan

Guy Mettan
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Le député Guy Mettan sera décoré le 8 février prochain de l'ordre de l'Amitié par Sergei Garmonin, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie. Problème, l'article 22 de la loi portant sur le Grand Conseil précise «qu'aucun député ne peut, sauf autorisation donnée par le Grand Conseil, accepter un titre, une décoration, des émoluments ou une pension d'un gouvernement étranger.» Que faire? Démissionner? Refuser la médaille? Demander l'autorisation du parlement? Le député n'a hélas pas pu répondre dimanche à nos questions…

Créée il y a quelques années, reprenant la très soviétique médaille pour «l'Amitié entre les peuples», la décoration russe se veut «un signe d'honneur et de reconnaissance», explique le Consulat russe. Il poursuit: «En tant que président de la Chambre de commerce Suisse-Russie depuis sa création en 2005, Guy Mettan contribue au développement des relations économiques entre la Russie et la Suisse, aide à établir les contacts entre des hommes d'affaires des deux pays, facilite la communication entre les deux parties. Comme journaliste, il sait toujours rester objectif en présentant une image actuelle et vraie de la Russie.» Comment l'intéressé vit-il d'être distingué par un régime autoritaire, selon les mesures de l'indice de démocratie élaboré par The Economist, un pays régulièrement dénoncé par Human Rights Watch ou Amnesty International? Joint vendredi, il expliquait: «Je conteste le terme d'autoritaire. Cette décoration ne devrait pas soulever plus de discussions que la Légion d'honneur, attribuée par un pays qui ne se prive pas d'actions militaires. Et puis, je suis le deuxième citoyen suisse après Micheline Calmy-Rey à être distingué.» Un directeur du club de la presse ne devrait-il pas être plus regardant? «Je reçois cette distinction pour mes vingt ans d'activité en faveur du rapprochement suisso-russe, notamment sur le plan économique. Au club, j'ai reçu de nombreux opposants au régime, dont Irina Nemtsova et Garry Kasparov. Je suis attentif à ce que toutes les voix puissent s'exprimer.»