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Lettre du jourLa loi sur la chasse inquiète

Yvain Genevay

Bernex, 29 août

Je n’arrive pas à m’expliquer que notre parlement ait soumis un nouveau texte de loi sur la chasse alors que la majorité des membres, à ma connaissance, n’a pas de compétence en la matière. Il est extrêmement intéressant de relever que toutes les associations, les scientifiques, les biologistes et autres personnes professionnelles que j’ai consultés et qui s’expriment sur le Net et dans la presse, sont contre cette nouvelle loi. Nous marchons sur la tête.

Lorsque les animaux de rente sont protégés adéquatement, on peut constater une claire (et réjouissante) tendance à la baisse: de moins en moins de bétail est tué en moyenne par loup (https://www.gruppe-wolf.ch).
Le Canton du Valais autorise encore la chasse du tétras-lyre et du lagopède alpin (permis 660 fr. pour les Valaisans et 2620 fr. pour les étrangers). Selon les informations fournies par le Conseil d’État, la chasse touristique aux tétraonidés (tétras-lyre, lagopède alpin) rapporte annuellement environ 75’000 fr. au Canton. Le nœud du problème est vite identifié. Dans un article de «BirdLife Suisse» (déc.2019, No 4), M. Nik Gugger, vice-président de BirdLife Suisse et conseiller national, proposait d’interdire la chasse du lagopède alpin et du tétras-­lyre au niveau national. Cette proposition a été refusée par le parlement début 2019.

La Suisse qui abrite près de 40% de la population de l’arc alpin a une responsabilité particulière dans la conservation du lagopède alpin, oiseau emblématique. Nous savons tous que l’écologie de leur habitat, les Alpes, en fait l’une des grandes victimes du changement climatique. Compte tenu de ce qui précède, comment faire confiance aux initiants et aux Cantons?

Les mentalités évoluent heureusement, mais bien trop lentement à mon goût. Je reprends la magnifique citation de M. Robert Hainard: «Un jour viendra où l’on jugera notre société non à la manière dont elle a dominé la nature, mais à la part de sauvage qu’elle aura été capable de sauvegarder».

Jean-Pierre Thoma