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Après la qualification«La Ligue des champions ne doit pas être un one shot»

Entraîneur du Servette FC Chênois Féminin, Eric Sévérac se réjouit de la qualification de son équipe pour la Ligue des champions. Une avancée supplémentaire dans le projet grenat.

Eric Sévérac et le Servette FC Chênois Féminin vont découvrir la Ligue des champions la saison prochaine.
Eric Sévérac et le Servette FC Chênois Féminin vont découvrir la Ligue des champions la saison prochaine.
Eric-Lafargue

Quelle est votre première réaction suite à l’officialisation de votre qualification pour la prochaine Ligue des champions, à laquelle le Servette Chênois va participer pour la première fois?

C’était notre objectif initial et c’est une belle satisfaction de l’avoir atteint. Les filles ont tellement donné, elles peuvent maintenant être soulagées. C’est bien pour la région, le foot romand.

Comment avez-vous vécu les derniers mois, entre l’arrêt définitif de la saison et l’attente concernant votre sort?

Mentalement, cela a été difficile. Quand la compétition s’est arrêtée, on attendait fébrilement que l’ASF statue sur le classement. Elle a choisi de nous traiter comme des amateurs en ne nous attribuant pas le titre de champion (ndlr: les Servettiennes figuraient en tête du championnat, devant Zürich). Il y a de la frustration parce qu’on se sentait capable d’aller au bout. À côté, on voit qu’en Angleterre, on a donné le titre à Chelsea qui se trouvait dans la même situation que nous... Quand cette décision de l’ASF est tombée, on s’est demandé si la Ligue des champions nous serait attribuée ou si elle allait nous filer sous le nez. C’était un peu l’inconnu. Il y a un mois, on a reçu une fausse bonne nouvelle (ndlr: par la voix de Tatjana Haenni, son responsable du football féminin, l’ASF avait annoncé que le Servette FC Chênois Féminin serait bien qualifié pour la Ligue des champions, sans qu’il y ait d’officialisation pour autant) mais depuis, on n’était plus ou moins certain qu’on y allait. L’officialisation est venue comme une confirmation.

Qu’est-ce que cette qualification change pour le club?

Il est certain qu’on ne va pas se reposer sur les droits TV, qui ne sont pas très élevés dans le foot féminin. L’apport de la Ligue des champions va bien au-delà. C’est une vitrine. On a par exemple reçu les félicitations de l’Olympique Lyonnais. Maintenant, ce ne doit pas être un one shot, on doit viser la Ligue des champions chaque année pour attirer les meilleures joueuses de la région. Il est plus facile de monter que de se maintenir au sommet.

Dans quel état d’esprit allez-vous aborder les seizièmes de finale, en novembre, pour votre entrée en lice dans la compétition?

On veut avant tout faire preuve d’humilité. Pour beaucoup de joueuses, il s’agira de leur première participation à la Ligue des champions. On sera là pour apprendre, tout en ayant l’espoir de passer un tour. Le tirage (ndlr: qui aura lieu le 21 août) nous dira comment on doit aborder les matches. Il y a quelques équipes contre lesquelles on peut espérer se qualifier. À titre personnel, j’espère tomber davantage contre une équipe abordable plutôt qu’un gros morceau d’entrée, car le but est de jouer le plus de matches possibles pour engranger de l’expérience.

Vous êtes arrivé sur le banc de l’équipe en 2017, au moment où le FF Chênois Genève rejoignait la «galaxie» Servette. Depuis, quel regard portez-vous sur l’évolution de la section féminine?

Il y a six-sept ans, lorsqu’il était directeur sportif du Servette masculin, Loïc Favre, le fils de Lucien, avait annoncé que la Ligue des champions reviendrait à Genève dans quelques années. On y est arrivé! Pas chez les garçons, au final, mais je vis cela comme une consécration de tout le travail effectué par les entraîneurs genevois dans le foot féminin. Et, plus globalement, c’est l’accomplissement d’un travail de longue haleine, qui a impliqué énormément de personnes, de bénévoles. Il a fallu mettre en place un cadre, une structure, du personnel… On a professionnalisé les états d’esprit. C’est une belle progression, une belle aventure, mais il y avait déjà du talent à la base. Cette Ligue des champions, c’est la marque de tout le sérieux de ce projet.

Dans une ville où les clubs de haut niveau sont nombreux, sentez-vous également que vous vous frayez votre place?

On sent un intérêt grandissant de la part du public. La Ligue des champions ne peut qu’accélérer ce processus. Quand on a repris ce club, dans l’imagine collectif, c’était un peu: «Servette se donne bonne conscience». On sent maintenant un regard plus sérieux, les sponsors viennent vers nous, parce qu’ils voient le sérieux de ce projet. On est même obligé de recaler des Vaudoises, des Valaisannes et même des Genevoises qui souhaitent s’inscrire dans cette progression.

La Ligue des champions désormais acquise, quelles sont les prochaines étape de votre projet?

La priorité, c’est de trouver des infrastructures qui nous accueillent durablement, où on peut s’épanouir. Car pour l’instant, on navigue entre plusieurs terrains d’entraînement et de matches… Il nous faut un lieu où le football féminin genevois est clairement identifié. On a ciblé trois zones qui pourraient nous accueillir, toutes peuvent nous offrir ce qu’on attend. On est en discussion, je suis optimiste pour qu’on avance sur ce point. Ensuite, on dispose d’un effectif d’une vingtaine de joueuses qui ont resigné. On va tâcher de se renforcer avec quelques recrues.