Passer au contenu principal

L’éditorialLa justice a tracé la ligne rouge

Pierre Maudet est reconnu coupable d’acceptation d’un avantage. Le conseiller d’État, démissionnaire et candidat à sa réélection le 7 mars, écope de 300 jours-amende avec sursis pour le luxueux voyage entrepris en 2015 à Abu Dhabi. L’ancien PLR fera appel. Il a été acquitté sur le volet du sondage.

Lire aussi: Pierre Maudet coupable d’avoir accepté le voyage

Sous réserve d’un retournement de situation en appel, la justice trace ainsi une ligne rouge entre ce qu’un magistrat peut accepter ou non. Une limite que l’élu n’a pas su ou pas voulu voir.

L’affaire Maudet, révélée en 2018 par la «Tribune de Genève», aboutit à un événement inédit, la condamnation d’un conseiller d’État en exercice. Le jugement tombé en pleine campagne électorale ajoute à la dimension dramatique de l’épisode.

Le verdict marque une étape importante dans cette affaire hors norme. Il n’en livre pas la conclusion.

Le tribunal n’a tranché que sur l’aspect pénal. Le reste, les mensonges, les versions changeantes, la déduction fiscale de sommes payées par d’autres, tout cela sera laissé à l’appréciation des Genevois, tout comme l’autre face de la médaille: l’expérience du magistrat, son énergie, son talent politique.

Le verdict marque une étape importante dans cette affaire hors norme. Il n’en livre pas la conclusion. Rendez-vous le 7 mars pour la suite. Il appartient aux Genevois de l’écrire.

23 commentaires
    Alain R

    Un magistrat qui accepte un voyage organisé par un pays étranger, de façon officielle et sans mentir par la suite, c'est de la diplomatie. Un magistrat qui accepte le même avantage, en le cachant, en mentant et de façon officieuse, c'est un énorme soupçon de corruption.

    Si M. Maudet était dans son droit, il n'aurait ni eu besoin de mentir, ni de le cacher, il l'aurait tout de suite annoncé. C'est là où on voit qu'il était conscient de son forfait et ça fait partie de ce qui décrédibilise son statut d'homme d'état.

    Ca n'enlève rien à ses qualités politiques, clairement au-dessus de la norme, mais le pouvoir semble l'avoir aveuglé et diminué sa capacité de jugement. Les difficultés qu'il semble éprouver avec ses équipes (sans doute un peu exagéré, mais il n'y a pas de fumée sans feu) appuient cet aveuglement et perte de réalité.

    Dommage, il semblait avoir la carrure d'un Conseiller Fédéral et aurait pu apporter un vent nouveau. Malheureusement, être un bon politicien ne fait pas tout. On attend d'un élu qu'il fasse honneur à sa fonction, avec dignité et qu'il n'oublie jamais qu'il n'est qu'un représentant du peuple, ni supérieur aux autres, ni un roi.

    A ce propos et à ce que l'on peut lire dans les journaux avec les problèmes de nombre d'exécutifs avec leurs équipes, il faut croire que cette maladie de la supériorité n'est malheureusement pas que l'apanage de M. Maudet. Espérons au-moins que celle de la corruption n'était réservée qu'à sa seule personne...