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Contrôle aux frontièresLa France bientôt accessible et l’Italie déconseillée

Le Conseil fédéral a annoncé les nouvelles mesures prévues dans le cadre du déconfinement progressif. Les frontières devraient être ouvertes dès le 15 juin pour les pays voisins. L’Espace Schengen en juillet.

Karin Keller-Sutter: «La France a fait beaucoup de progrès dans sa lutte contre l’épidémie»
Karin Keller-Sutter: «La France a fait beaucoup de progrès dans sa lutte contre l’épidémie»
KEYSTONE

D’abord la bonne nouvelle. Dès le 15 juin, les Suisses pourront se rendre en France comme avant, sans avoir à exhiber une autorisation spéciale. Et inversement. Cette décision du Conseil fédéral est valable à… 99%. Il faudrait en effet une soudaine flambée des cas de contaminations pour remettre en cause la normalisation du passage à la frontière. Le risque est jugé faible. «La France a fait beaucoup de progrès dans sa lutte contre l’épidémie», juge, magnanime, Karin Keller-Sutter, la ministre de Justice et police.

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Cette libre circulation des personnes sera aussi appliquée le 15 juin avec l’Allemagne et l’Autriche. Qu’en est-il de l’Italie? Mauvaise nouvelle, elle fait toujours figure de mouton noir. Alors que la péninsule a déclaré unilatéralement qu’elle ouvrait ses frontières aux ressortissants européens dès le 3 juin, la Suisse met le holà. «Nous respectons la décision souveraine de l’Italie. Mais de notre côté, nous ne laisserons pas entrer les ressortissants italiens, sauf ceux qui bénéficient d’autorisations spéciales comme les travailleurs frontaliers. Il n’est pas question d’accepter des touristes italiens dès le 3 juin.»

Libre circulation en Europe dès juillet

À l’inverse, des Suisses pourront-ils aller bronzer sur une plage italienne ou rendre visite à leur famille au début de juin? Oui, mais à leurs risques et périls. «Nous déconseillons aux Suisses de se rendre en Italie», lâche Karin Keller-Sutter. Ceux qui passent outre pourraient s’exposer à d’éventuelles mesures sanitaires lorsqu’ils reviennent au pays. Mais rien n’est arrêté. Berne va observer les mouvements à la frontière avant de trancher. Ce qui est sûr, c’est que la Suisse veut rétablir la liberté de circulation des personnes avec tous les États de l’Espace Schengen d’ici au 6 juillet.

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Côté travailleurs, les choses s’accélèrent. Dès le 8 juin, les entreprises suisses pourront de nouveau engager de la main-d’œuvre européenne. Vu l’augmentation du chômage et la votation sur l’immigration agendée au 27 septembre, le sujet est sensible. Voilà pourquoi le Conseil fédéral précise qu’il rétablit aussi l’obligation d’annoncer les places vacantes en priorité aux résidents suisses. Cela ne suffit pas à calmer l’UDC, qui parle «d’affront» aux chômeurs suisses.