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BelgiqueLa figure de l’ex-roi Léopold II vandalisée

Le buste et le visage de l’ancien roi des Belges ont été recouverts de peinture rouge dans plusieurs parcs en Belgique, symbolisant le sang versé par les Congolais lors de la colonisation.

A Anvers, une statue de l’ex-roi des Belges Léopold II a aussi été recouverte de rouge (Photo by JONAS ROOSENS / Belga / AFP)
A Anvers, une statue de l’ex-roi des Belges Léopold II a aussi été recouverte de rouge (Photo by JONAS ROOSENS / Belga / AFP)
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Un buste de l’ex-roi des Belges Léopold II a été vandalisé à Tervuren, près de Bruxelles, au moment où un groupe baptisé «Réparons l’Histoire» exige le retrait de toutes ses statues, accusant l’ancien souverain d’avoir «exterminé» des millions de Congolais.

L’acte, qui n’a pas été revendiqué, intervient à quelques jours du 60e anniversaire de l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960, un pays (l’actuelle RDC) qui fut longtemps la propriété privée du roi Léopold II.

Il se produit également sur fond de mobilisation contre le racisme après la mort de George Floyd à la suite d’une interpellation policière aux Etats-Unis.

D’autres actes de vandalisme

Le buste et le visage de l’ancien roi à la longue barbe ont été recouverts de peinture rouge, sur une statue située dans le parc du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren. Sur le socle, on pouvait lire les trois lettres «FDP» (fils de pute), ont constaté des journalistes de l’AFP.

Selon le directeur du musée, Guido Gryseels, les dégradations visant cette statue, qui datent de «mardi ou mercredi», sont fréquentes dans ce parc «ouvert jour et nuit».

Des actes de vandalisme sur d’autres sculptures à la mémoire de Léopold II ont été recensés dans le pays, notamment à Ostende et à Anvers (nord).

A Anvers, une statue a aussi été recouverte de rouge, couleur symbolisant le sang versé par les Congolais, mais une inscription en noir au pied de l’édifice («Congo is van ons», «le Congo est à nous» en néerlandais) laisse penser à une réplique signée de nostalgiques de l’époque coloniale.

Un régime colonial des plus violents

Léopold II, qui régna de 1865 à 1909, est un des personnages historiques les plus controversés de Belgique. Au nom de «la mission civilisatrice» de la Belgique au Congo, il a mis en place un régime colonial décrit par les historiens comme un des plus violents de l’histoire, basé principalement sur l’exploitation du caoutchouc.

Celui qui est souvent surnommé «le roi bâtisseur» est «un héros pour certains, mais aussi un bourreau», «il a tué 10 millions de Congolais», accuse le groupe «Réparons l’Histoire».

Dans une pétition qui avait recueilli vendredi après-midi près de 50’000 signatures, ce groupe réclame aux autorités de la ville de Bruxelles le retrait de toutes les statues érigées en hommage à Léopold II. Un dossier sur lequel le conseil municipal de la capitale a promis de se pencher lundi.

Un autre groupe se réclamant du mouvement Black Lives Matter a appelé dimanche à «une manifestation contre le racisme», en écho à la mobilisation planétaire en hommage à cet Afro-américain mort étouffé sous le genou d’un policier blanc le 25 mai à Minneapolis.

(AFP/NXP)