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Encre bleueLa fièvre acheteuse

DR

Nous sommes bizarrement faits, pas vrai? En mars dernier, lors de la première «situation extraordinaire», les habitants de ce pays ont fait comme tous les autres: ils se sont rués dans les magasins pour faire main basse sur un produit de première nécessité, le fameux «PQ». Cette razzia hygiénique a fait le bonheur des dessinateurs de presse, des amuseurs publics et des supermarchés mais n’a servi à rien: il y en a toujours eu assez.

Notez que ce besoin compulsif de faire des réserves s’est étendu à de nombreux biens de consommation, et pas forcément les plus essentiels. Une amie qui tient une petite boutique d’habits de deuxième main m’a dit qu’elle n’avait jamais vu pareille fièvre acheteuse de toute sa vie de commerçante. Du délire!

À quelques jours de la fermeture annoncée, les clientes se précipitaient dans son échoppe pour rafler tout ce qu’elles pouvaient trouver. Ces fringues, qu’elles les portent ou non un jour, il fallait qu’elles les aient là, tout de suite, pour compenser l’impossibilité d’en acheter pendant des semaines. Bizarre, non?

Et là, rebelote. Samedi, c’est le dernier jour d’ouverture pour les magasins qui ne vendent pas, aux yeux de Berne, des biens de première nécessité ou de consommation courante.

Or, nous sommes en pleine période de soldes. Ou de Sale, comme ces actions s’affichent si proprement sur certaines vitrines. Pour ne pas tout perdre, certains commerces font tant de réductions sur des articles que ça en devient troublant. Pour peu, on nous les donnerait.

Mais le plus dingue sera sans doute de voir les files d’attente s’allonger devant ces magasins qui feront, une dernière fois, le plein de clients saisis de fièvre acheteuse, et le vide sidéral des bars et des restaurants alentour.

Bizarre, vous avez dit bizarre?

2 commentaires
    Héloïse

    Nous sommes vraiment tous des abrutis, de consommateurs par habitude qui accumulons une foule de trucs superflus qui font tourner la machine de la croissance 'über alles'.

    Nous devrions tous faire un stage intensif auprès de Pierre Rhabi et réapprendre la sobriété heureuse...

    Et je m'inclus dans le lot d'abrutis...