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Isabelle Chassot réagit«La culture est un besoin, pas un luxe»

Isabelle Chassot à la tête de l’Office fédéral de la culture (OFC) revient sur l’impact de la crise du coronavirus dans une interview publiée samedi dans «Le Temps».

Isabelle Chassot dirige l’Office fédéral de la culture. Keystone/archive
Isabelle Chassot dirige l’Office fédéral de la culture. Keystone/archive

Devant affronter la plus grave crise que le monde culturel suisse ait connue depuis la Deuxième Guerre mondiale, Isabelle Chassot répond aux critiques et dessine un scénario pour le futur.

Avec la pandémie, la Fribourgeoise de 55 ans, à la tête de l’OFC depuis 2013, a dû faire face à des demandes auxquelles elle n’aurait pas imaginé devoir répondre. Le Conseil fédéral annonçait le 13 mars la fermeture des institutions, rappelle-t-elle.

Il donnait dans la foulée le mandat à l’OFC de préparer des mesures pour les soutenir. «Je n’aurais pas imaginé que nous puissions le faire aussi vite.»

«À peine avions-nous élaboré un projet que nous l’envoyions en consultation aux cantons. Ils ont pris position en une demi-journée, du jamais vu», selon elle. Le Conseil fédéral a ainsi pu s’appuyer sur une ordonnance pour mettre, le 20 mars, 280 millions à la disposition de la culture. «280 millions, c’est plus que le budget annuel du message culture, le programme du Conseil fédéral sur quatre ans», a-t-elle souligné.

Les milieux culturels estiment pourtant que c’est insuffisant en regard de ce que touchent d’autres secteurs, comme l’aviation par exemple. «Il faut d’abord rappeler que seuls la culture et le sport bénéficient d’un soutien à fonds perdu de la Confédération. Tous les autres domaines ont accès à des prêts qui devront être remboursés. Et puis en réalité, ce sont bien plus que 280 millions.»

L’un des instruments de soutien est l’indemnisation des pertes financières pour des manifestations annulées ou reportées. Or, cette aide est financée à parts égales par les cantons et la Confédération. «Chaque franc que celle-ci met va susciter un franc supplémentaire des cantons. Cela représente aujourd’hui un montant de 475 millions de francs», a-t-elle souligné.

Discussion au Parlement

De plus, ce montant n’est pas un plafond. «Le Conseil fédéral a indiqué que les 280 millions constituaient une première étape. Il nous a chargés d’évaluer en continu les besoins. Nous lui avons fait un premier état des lieux le 13 mai. Il a alors accepté que nous proposions une augmentation de 50 millions pour les indemnisations de manifestations. Cela doit être discuté au parlement la semaine prochaine.»

Les aides pour la culture sont en vigueur jusqu’au 20 septembre, a-t-elle encore rappelé. Le Conseil fédéral doit se pencher prochainement sur un projet de loi urgente qui permette de prolonger ces mesures après ce délai. «Nous préparons actuellement les éléments nécessaires. Nous sommes pleinement conscients que les acteurs culturels ne pourront pas reprendre leurs activités comme avant le Covid-19. Il faudra du temps pour cela, au moins jusqu’en 2021.»

(ATS/NXP)