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GenèveLa crise du Covid-19 a mis à la rue plus de 200 sans-papiers

Plus de 200 personnes en situation irrégulière, dont une quarantaine d’enfants, se sont retrouvés sans domicile à la suite de la perte de leur emploi lors du confinement. La fondatrice de la Caravane de solidarité s’est une nouvelle fois mobilisée.

Les lits du centre d’hébergement d’urgence de la caserne des Vernets disparaîtront à la fin du mois d’août..
Les lits du centre d’hébergement d’urgence de la caserne des Vernets disparaîtront à la fin du mois d’août..
Lucien FORTUNATI

Une nouvelle fois, Silvana Mastromatteo, cofondatrice de la Caravane de solidarité et à l’origine des distributions alimentaires des Vernets, s’est mobilisée en faveur des plus précaires. Avec sa nouvelle association, la Caravane sans frontières, elle a recensé 173 adultes et 36 enfants poussés à la rue et aux portes des hébergements d’urgence par la crise financière.

Elle a confié au «Courrier» son inquiétude face à ce qu’elle décrit comme une catastrophe humanitaire. «Beaucoup de ces personnes avaient un travail, un logement et ont tout perdu. Sans contrat de bail, sans assurance chômage, le chemin qui mène à la rue est très court.» Pour les orienter, elle organise chaque jour aux Bastions un point d’information informel destiné aux personnes sans statut légal.

Vu l’ampleur de la crise, la Ville de Genève, sous l’impulsion de Christina Kitsos (chargée de la Cohésion sociale et de la Solidarité), a mis fin à la «règle des trente jours». Celle-ci prévoyait en effet que les bénéficiaires devaient quitter les centres d’hébergement d’urgence (en ville, aux Vernets et à Franck-Thomas) au bout d’un mois. Ils devaient ensuite en partir au moins quatre jours avant de pouvoir y revenir.

Silvana Mastromatteo a également aidé certains sans-papiers à trouver des logements temporaires au sein de la communauté latino-américaine. Comme l’indique «Le Courrier», les plus précaires sont la cible des marchands de sommeil, chez qui le prix du lit s’élève actuellement à 900 francs.

En ville, 430 places sont disponibles dans les centres d’hébergement d’urgence.

«Sans contrat de bail, sans assurance chômage, le chemin qui mène à la rue est très court»

Silvana Mastromatteo, cofondatrice de la Caravane de solidarité