La criminalité baisse malgré un sursaut de cambriolages
Les derniers chiffres de la police genevoise montrent également une recrudescence des infractions commises par des mineurs.

La criminalité n'a jamais été aussi basse à Genève ces six dernières années. C'est bien simple, on dénombre 61 infractions au Code pénal en moins par jour entre 2011 et 2017. Cela équivaut à une diminution de 31%. Entre 2016 et 2017, le recul atteint 3%. Si le tableau est réjouissant, il comporte malgré tout des ombres. Après des années de baisse, le nombre de cambriolages a à nouveau augmenté entre 2016 et 2017. La délinquance juvénile et les violences contre les policiers sont elles aussi à la hausse. Décryptage.
Cambriolages en hausse
Le nombre de cambriolages enregistrés dans le canton avait diminué de plus de moitié entre 2011 (9469) et 2016 (4535). L'année 2017 met fin à cette tendance. La police genevoise fait part d'une augmentation de 7,5% de l'ensemble des cambriolages l'an passé.
Si on regarde dans le détail, l'essentiel de cette hausse concerne les vols sans effraction (+33%). La commandante de la police genevoise, Monica Bonfanti, recommande aux habitants et aux commerçants de faire preuve de vigilance et d'adopter les bons réflexes pour éviter les introductions clandestines. Par exemple? «Vérifier que la porte d'entrée est bien verrouillée quand on est sur la terrasse», répond Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police.
Les rixes entre jeunes
Entre 2016 et 2017, le nombre d'infractions commises par des mineurs a augmenté de 6,5% à Genève. La même tendance est observée au niveau suisse (hausse de 8,3%), après sept années de baisse.
Au bout du lac, l'augmentation est particulièrement marquée en matière d'infractions contre la vie et l'intégrité corporelle (+26%). Selon le chef de la police judiciaire, François Schmutz, ce chiffre comprend notamment les agressions homophobes et les rixes entre jeunes. Plusieurs épisodes ont eu lieu en 2017. On se souvient notamment des violentes agressions de deux hommes à Saint-Jean en janvier et de la bagarre survenue un mercredi après-midi de juin aux Eaux-Vives impliquant une centaine d'individus. La police genevoise refuse toutefois de parler d'un «phénomène de banlieue». Pour François Schmutz, les causes sont multifactorielles. Il note cependant que la majorité des infractions ont été commises la nuit et sous l'emprise de l'alcool.
Violences contre la police
Les statistiques policières 2017 mettent en exergue un autre chiffre inquiétant: la hausse des violences et menaces contre les fonctionnaires, principalement des policiers. Elles ont augmenté d'un quart entre 2016 et 2017.
En 2015, un effort important avait été consacré pour enregistrer les faits dénoncés par les victimes. Cela explique le bond statistique entre 2014 et 2015. La baisse observée l'année suivante découle, selon le rapport d'activité de la police, d'ajustements dans la rédaction des rapports. Qu'en est-il de la hausse en 2017? Le seuil de tolérance des policiers aurait-il baissé? Monica Bonfanti n'a pas de réponse toute faite. Elle précise néanmoins qu'«aucun mot d'ordre» n'a été transmis aux fonctionnaires et que chaque victime est libre de décider si elle veut déposer une plainte ou non.
Cybercriminalité
Depuis 2016, la lutte contre la cybercriminalité constitue un des enjeux importants de la police genevoise. De nouveaux moyens tant humains que techniques ont notamment été alloués pour faire face au nombre croissant d'infractions commises sur Internet. Selon les statistiques policières, celles-ci ont presque doublé entre 2011 et 2016. Monica Bonfanti note toutefois que ces chiffres ne sont que «la pointe de l'iceberg». En effet, la plupart des internautes ne dénoncent pas les infractions dont ils ont été victimes, et encore moins les tentatives.
La police genevoise s'est fixé comme objectif pour 2018 de mieux informer la population et les entreprises sur les risques de la cybercriminalité et d'encourager les dépôts de plaintes.
Pas d'effet Weinstein
La police genevoise constate une baisse des infractions de violences domestiques et des infractions contre l'intégrité sexuelle en général entre 2016 et 2017. «Les chiffres ne reflètent pas un «effet Weinstein», observe la commandante. La police genevoise n'a pas reçu davantage de plaintes ou de «questions particulières» suite au scandale qui a secoué Hollywood l'automne dernier et la libération de la parole des femmes.
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