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AviationLa compagnie aérienne portugaise TAP renationalisée

Le gouvernement portugais va investir près de 60 millions de francs et détiendra désormais 72,5% du capital de la compagnie aérienne, au lieu de 50%.

Cet accord permet au principal actionnaire privé de TAP, l’Américain David Neeleman, de se retirer.
Cet accord permet au principal actionnaire privé de TAP, l’Américain David Neeleman, de se retirer.
KEYSTONE

Le gouvernement portugais a annoncé jeudi la renationalisation de la compagnie aérienne TAP pour éviter qu’elle ne succombe à la crise provoquée par la pandémie due au nouveau coronavirus. Sa participation au capital va passer de 50 à 72,5%.

Le gouvernement investira 55 millions d'euros (58,44 millions de francs), a indiqué le ministre des finances Joao Leao, cité par la chaîne de télévision TSF sur son site internet. «L’activité de la TAP a une énorme importance stratégique pour le pays», a-t-il souligné, en expliquant que le gouvernement était intervenu «pour éviter l’effondrement de l’entreprise».

Les confinements imposés pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ont cloué au sol les compagnies aériennes. Les gouvernements européens interviennent massivement pour éviter la faillite des plus grands groupes. Les compagnies aériennes pourraient subir plus de 84 milliards de dollars (79,43 milliards de francs) de pertes nettes lors de leur exercice 2020, et plus de 15 milliards (14,2 milliards de francs) de pertes encore en 2021, selon l’association internationale du transport aérien (IATA).

Nouveau directeur

Après de longues négociations avec les actionnaires privés, le gouvernement est parvenu à cet accord qui permet au principal actionnaire privé, l’Américain David Neeleman de se retirer. Son associé portugais Humberto Pedrosa détiendra 22,5% des parts et les salariés du groupe conservent leurs 5%.

Le directeur du groupe, Antonoaldo Neves va être remplacé «immédiatement», a ajouté le ministre des infrastructures Pedro Nuno Santos, cité par l’agence portugaise LUSA. Mais il n’a pas annoncé de successeur. Privatisée à hauteur de 61% en 2015, la TAP avait vu l’État portugais remonter à 50% du capital en 2016. Le consortium Atlantic Gateway de David Neeleman et Humberto Pedrosa détenait une participation de 45%.

La compagnie aérienne joue un rôle essentiel dans le secteur du tourisme, l’un des moteurs de l’économie portugaise. «Près de 90% de nos touristes arrivent par avion, la moitié par la TAP», avait rappelé mardi le ministre des infrastructures Pedro Nuno Santos, soulignant que «ce serait un désastre économique de la perdre». Le gouvernement avait proposé aux actionnaires un prêt de jusqu’à 1,2 milliard d'euros (1,28 milliard de francs) pour renflouer le groupe, mais ses conditions avaient été rejetées par le conseil d’administration, selon Pedro Nuno Santos.

ATS/NXP