La Comédie voit en rose son passé et son futur

Théâtre - Saison 2019/2020En guise d’adieux aux Philosophes, Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer nous trament un parcours… philosophique.

«La Gioia» de Pippo Delbono viendra en novembre transpirer sa joie baroque.

«La Gioia» de Pippo Delbono viendra en novembre transpirer sa joie baroque. Image: DR

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À dada. Telle sera la posture de La Comédie pour la saison à venir. À cheval entre son bâtiment d’origine, boulevard des Philosophes, et l’écrin flambant neuf, en face de la Gare des Eaux-Vives, qu’elle ira investir au mois de mai 2020. À cheval entre hier et demain, à l’image de ces jeunes issus de la FO 18 mise en place par le D.I.P. contre le décrochage scolaire, dont les visages habillent la communication visuelle du théâtre suite à leur participation, en février dernier, à un «Gen Z» qui leur a «changé la vie». À califourchon aussi entre une subvention de 8 268 888 francs, alloués cette saison par la Ville de Genève, qui passera à 12 580 000.- dès la prochaine, à sa nouvelle adresse; ainsi qu’entre une équipe de 30 employés actuellement, contre un staff d’une petite soixantaine après le grand saut. Fière de son histoire, confiante dans son avenir, la vieille dame s’apprête à rajeunir, sans nostalgie ni angélisme.

«Ensemble, nous allons regarder le monde pour mieux le refaire», écrivent Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer dans leur programme, sous l’acronyme NKDM. À quoi nos cavaliers ajoutent pendant leur présentation orale: «Nous travaillons pour un théâtre de service public, accessible à tous, qui rend à la fois plus autonome et plus vivant». Une mission que le public pourra vérifier à dix-huit reprises jusqu’en avril. Si l’on se fie à la première programmation par le binôme, on peut s’attendre en effet à une saison conçue comme un organisme biologique, un corps animé: une œuvre d’art.

À cheval, également, la substance même de plusieurs des pièces à l’affiche. Pendant le festival de La Bâtie, Pascal Rambert mettra en scène une quinzaine de comédiens frais émoulus de la Manufacture dans «Nos Parents»: autant de manières de grandir, de se constituer en génération et de passer à l’âge adulte. Pour la Toussaint, on traversera la frontière de la vie à la mort dans un «Requiem pour L.» composé par le musicien Fabrizio Cassol et le chorégraphe Alain Platel. En février, les Fondateurs Zoé Cadotsch et Julien Basler croiseront classicisme et «arte povera» en construisant à vue la scénographie de deux Molière: «Dom Juan» et «Tartuffe». Surtout, l’idylle se poursuit avec la Brésilienne Christiane Jatahy, qui reviendra en mars avec «Le Présent qui déborde» confronter sur scène comme à l’écran l’odyssée vécue par des réfugiés à celle écrite voici bientôt trois mille ans par Homère. Neutralité et violence s’entrechoqueront quant à elles dans le texte fleuve d’Antoinette Rychner, «Pièces de guerre en Suisse», que canalisera Maya Bösch dans une coproduction avec Vidy.

Enfin, on ne saurait omettre l’expérience offerte tout au long de la saison par Yan Duyvendak, Grand Prix suisse de Théâtre 2019, avec «Invisible»: le spectateur unique en devient, hors les murs, l’unique performeur, en appliquant les sommaires consignes qu’il reçoit de l’artiste. Désormais sujet et objet, ce dernier sera mûr pour accueillir «La première (dernière) fois», spectacle conclusif de l’ère Philosophes, qui verra Denis Maillefer diriger une ribambelle d’acteurs dans une improvisation de répliques adressées aux fantômes et aux présents. Avant la grande fête, partiellement virtuelle, organisée fin avril en association avec le théâtre annemassien Château Rouge, prochaine halte du Léman Express. On trépigne.


La Comédie Programme et billetterie sur www.comedie.ch

Créé: 20.06.2019, 16h48

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