Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

Asie
Pékin lance des manœuvres militaires autour de Taïwan

This handout photo taken and released by Taiwan's Defence Ministry on July 22, 2024 shows a Panshih-class fast combat support ship taking part in the annual Han Kuang Exercise off the coast of Yilan County. Taiwan launched its weeklong annual war games on July 22 with "unscripted" military exercises, a major change from the previous drills as the self-ruled island hopes to realistically simulate fending off potential attacks from China. (Photo by Handout / TAIWAN DEFENCE MINISTRY / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO /  TAIWAN DEFENCE MINISTRY" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

La Chine a déployé lundi avions et navires pour encercler Taïwan dans le cadre d’une opération militaire se voulant un «sérieux avertissement» aux «séparatistes» sur l’île et qui suscite l’inquiétude de Washington.

Les États-Unis, qui avaient dès vendredi mis en garde contre toute «provocation» de Pékin à l’égard de Taïpei après des échanges acrimonieux entre les deux voisins, ont dénoncé des opérations «injustifiées» qui représentent un «risque d’escalade». Washington reconnaît Pékin au détriment de Taïpei comme pouvoir légitime depuis 1979, mais reste l’allié le plus puissant de Taïwan et son principal fournisseur d’armes.

«Sérieux avertissements»

La Chine a qualifié ces nouveaux exercices de «sérieux avertissements» face aux «actions séparatistes des forces de l’indépendance de Taïwan». «Il s’agit d’une opération légitime et nécessaire pour sauvegarder la souveraineté de l’État et l’unité nationale», a estimé le capitaine Li Xi, porte-parole du commandement oriental de l’armée chinoise.

«Des chasseurs, des bombardiers» et d’autres avions d’attaque ont été déployés, ainsi que «plusieurs destroyers et frégates», a précisé la télévision publique chinoise CCTV. Le président taïwanais Lai Ching-te a convoqué une réunion de sécurité face à ces manœuvres qui entrent «en contradiction avec le droit» international, selon le chef de la sécurité Joseph Wu.

Les exercices, baptisés Joint Sword-2024B, ont lieu «dans des zones au nord, au sud et à l’est de l’île de Taïwan», gérée de manière autonome, a expliqué le capitaine Li Xi. Ils «se concentrent sur des patrouilles de préparation au combat mer-air, le blocus de ports et zones clés», «l’assaut de cibles maritimes et terrestres» ainsi que «l’acquisition conjointe d’une supériorité globale», a-t-il ajouté.

«Irrationnel»

Le ministère taïwanais de la Défense a condamné lundi un «comportement irrationnel et provocateur» de la Chine, assurant avoir «déployé les forces adéquates pour réagir de manière appropriée dans le but de protéger la liberté et la démocratie, ainsi que pour défendre la souveraineté» de Taïwan.

Les îles taïwanaises en périphérie de l’île principale, comme Penghu, Kinmen et Matsu, situées pour ces deux dernières très près des côtes chinoises, ont été placées en état «d’alerte renforcée», a-t-il indiqué. «Face à la menace ennemie, tous les officiers et soldats du pays sont prêts (…) Nous sommes déterminés et confiants (d’être en mesure) d’assurer la défense de la sécurité nationale», a ajouté le ministère dans un communiqué.

Une équipe de l’AFP près de la base aérienne de Hsinchu, dans le nord de Taïwan, a vu quatre avions de chasse décoller lundi. Les garde-côtes chinois ont par la suite expliqué avoir engagé des «inspections du maintien de l’ordre dans les eaux entourant l’île de Taïwan». Les garde-côtes taïwanais ont dit de leur côté avoir détecté des bateaux de leurs homologues chinois autour de l’île.

«Plusieurs bateaux» ont traversé la ligne médiane du détroit de Taïwan -- en référence à la ligne qui coupe en deux ce détroit de 180 kilomètres de large entre l’île et la Chine continentale -- et sont restés «dans nos eaux du nord, du sud-ouest et de l’est sous la forme de convois», ont-ils indiqué dans un communiqué.

«Séparatiste»

La Chine considère Taïwan comme une partie de son territoire à réunifier un jour et n’a jamais renoncé à employer la force militaire pour en reprendre le contrôle. Elle a accentué la pression ces dernières années en renforçant son activité militaire autour de l’île, maintenant une présence quasi constante à l’aide d’avions militaires et de navires.

Pékin a organisé trois séries de manœuvres de grande ampleur ces deux dernières années, faisant intervenir son aviation et sa marine pour encercler l’île. Dimanche, l’armée taïwanaise avait affirmé être «en état d’alerte» après avoir détecté le porte-avions chinois Liaoning au sud de l’île.

Les relations entre Pékin et Taïpei sont exécrables depuis 2016 et l’arrivée à la présidence taïwanaise de Tsai Ing-wen, puis de son successeur Lai Ching-te en 2024. Investi en mai, Lai Ching-te s’était engagé jeudi à «résister à l’annexion» chinoise de l’île ou «à l’empiètement de (sa) souveraineté», à l’occasion de la fête nationale taïwanaise.

Il avait aussi a exprimé son souhait d’avoir «un dialogue et des échanges sains et ordonnés» avec la Chine, appelant Pékin à utiliser son influence plutôt pour aider à la résolution des conflits au Proche-Orient et en Ukraine. Pékin, qui qualifie Lai Ching-te de «séparatiste», avait réagi en prévenant que les «provocations» du président taïwanais entraîneraient un «désastre» pour son peuple.

Newsletter
«Dernières nouvelles»
Vous voulez rester au top de l’info? «Tribune de Genève» vous propose deux rendez-vous par jour, directement dans votre boîte e-mail. Pour ne rien rater de ce qui se passe dans votre canton, en Suisse ou dans le monde.

Autres newsletters