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Encre bleueLa cerise sur le gâteau

KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi

«Est-ce la situation économique qui veut ça ou le fait que je sois une femme âgée?» Christine pose tout haut la question que d’autres sans doute se posent tout bas, avec toutes sortes de variations possibles, tellement ils n’ont pas l’habitude d’être traités de la sorte…

Comme de nombreux clients, cette dame a repris récemment le chemin des commerces genevois, fermés trop longtemps, la faute à qui vous savez. Elle s’est donc rendue dans un grand magasin de la place, sur un stand où elle a ses habitudes.

Elle y est fort bien accueillie, comme toujours. Mais cette fois-ci, cerise sur le gâteau, un jeune homme très distingué vient en renfort des vendeuses. Et alors qu’elle prend congé, après avoir réglé ses achats, il lui dit: «Au revoir Mme X, portez-vous bien, prenez soin de vous.» L’employé zélé lui fait encore la révérence. Ce qui met Christine soudain mal à l’aise. Trop, c’est trop!

Vraiment? Certes, il est de bon ton, à Genève, de ne pas trop en faire. Mais tout de même, n’est-ce pas logique qu’il y ait, ces temps-ci, un regain d’attentions envers celles et ceux qui font vivre le commerce local?

Ces clients qui se déplacent encore dans les magasins le font précisément pour avoir des contacts avec d’autres humains, et non avec des machines. Quand les vendeurs leur font des ronds de jambe, autant apprécier le geste, qui ne court pas les rues. Faut dire que dans la situation économique préoccupante, les commerçants font tout pour satisfaire leur clientèle, allant parfois même jusqu’à vendre du «sale», mais c’est encore une autre histoire…

Bref. Que Christine soit une femme, âgée ou non, ne change rien à la donne. C’est avant tout une cliente. Et une cliente, aujourd’hui, ça se bichonne, sous peine d’en avoir de moins en moins. Ou de la voir aller acheter ailleurs. Le service est donc à la cerise sur le gâteau. Et c’est plutôt bon, non?