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ÉditorialLa bipolarité dangereuse des Bourses

Mardi 30 juin, le Nasdaq boucle sa journée sur une hausse trimestrielle de 31,88%, du jamais vu depuis la bulle internet. Dans son sillage, les autres Bourses n’ont pas non plus démérité, avec des hausses sur trois mois parfois historiques, comme celle du DAX, en Allemagne. De quoi largement sabrer le champagne.

À Wall Street, c’est «La La Land» décrivait ces jours un analyste financier, en avertissant toutefois que cette ambiance pourrait vite tourner vu que les Bourses sont bipolaires. Ils sont de plus en plus nombreux à penser qu’il va vite falloir ranger les coupes de champagne et ressortir les pilules de Xanax des tiroirs.

L’année 2020 restera dans les annales comme l’une des périodes où cette bipolarité a été la plus marquante de l’histoire. En six mois, les marchés sont passés par tous les états d’âme, oscillant d’une journée à l’autre entre désespoir suicidaire et euphorie à en perdre son latin. Le 16 mars 2020, Wall Street connaît par exemple sa pire séance depuis le krach de 1987, avec un Dow Jones sombrant de 12,93%. Un jour plus tard, l’indice redécolle de 5,2%, avant de s’effondrer de nouveau vingt-quatre heures plus tard.

Certes de telles crises de folie sont rares et normalement moins violentes. Les SEC et autres médecins boursiers ont d’ailleurs élaboré des remèdes, à l’instar des coupe-feux permettant de bloquer les ordres afin de laisser les esprits se calmer. Mais cela n’empêche pas qu’entre «La La Land» et «Shining», la frontière reste maigre, en Bourse.

Cette bipolarité doit être évoquée lorsqu’on observe que les plus jeunes, les fameux millennials, sont nombreux à avoir ouvert un compte sur les plateformes de trading en ligne. Et, grisés par les performances financières des derniers mois, ils n’hésitent pas à y prendre des risques parfois élevés.