L’ex-leader Mathias Frank s’épanouit en équipier de luxe

CyclismePatron d’équipe du temps de IAM, le Lucernois aime son nouveau rôle et estime pouvoir encore progresser.

Conscient que ses meilleures années sont derrière lui, Mathias Frank met désormais son expérience au service de son leader.

Conscient que ses meilleures années sont derrière lui, Mathias Frank met désormais son expérience au service de son leader. Image: Getty

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C’était un autre temps. La furtive équipe romande IAM Cycling – deux ans dans le World Tour de 2015 à 2016 – s’était offert une tête de pont suisse et avait permis à Mathias Frank de s’essayer au rôle de patron sur les grandes épreuves. Il avait tenté de prouver qu’il en avait l’étoffe et réussi quelques coups d’éclat, avec notamment des 2e et 4e places sur les Tours de Romandie et de Suisse en 2014. La saison suivante allait être celle de la confirmation, le Lucernois finissant 8e à Paris. «Avec IAM, j’ai eu la chance de tenter de me placer le plus haut possible au général du Tour. J’ai réussi un top 10 qui a marqué ma carrière. Mais j’ai senti aussi qu’il me manquait un peu de talent.»

C’est AG2R qui misera sur son expérience. Frank y est devenu ce qu’on appelle un équipier de luxe. «Je suis là plutôt pour la montagne, les longs cols. Aider Romain Bardet et rester à ses côtés le plus longtemps possible. C’est très différent de mon travail d’avant. Du coup, l’expérience engrangée avec IAM m’aide. Je sais ce que ça coûte pour être dans la peau d’un client pour le général sur le Tour de France.» Son directeur sportif, Vincent Lavenu, précise: «Quand on a pris Mathias, on lui a dit: «Chez nous, tu seras à un moment le patron sur quelques courses et aussi l’équipier privilégié de Bardet sur les grands Tours.» Ensuite, on l’a prolongé jusqu’à la fin 2020 et il nous a dit qu’il ne voulait plus qu’on attende de lui de jouer devant. Il souhaitait se concentrer sur son job subalterne. Il y est plus à l’aise.»

«Il faut se remobiliser»

Bardet, le leader d’AG2R, est, à 28 ans et à l’instar de Thibaut Pinot, l’«éternel espoir» français de gagner enfin un Tour. Le natif de Brioude, où arrive la course dimanche 14 juillet (tiens, tiens…), est déjà monté deux fois sur le podium mais semble devoir encore passer à côté cette année. «À l’image de notre figure de proue, jeudi à La Planche-des-Belles-Filles, c’est toute l’équipe qui n’a pas été au niveau espéré. On a pris une claque. Il faut se remobiliser et transformer cette déception en énergie positive pour aller chercher des victoires», assume Lavenu.

En matière de remontada, Frank s’y connaît. Lors de la 15e étape du Tour 2015 à Pra-Loup, il avait profité d’une échappée fleuve pour reprendre entre 5 et 7 minutes à ses principaux concurrents. «Même s’il est plus jeune que moi, Romain a davantage d’expérience, sourit le Lucernois. Mais quand même… C’est ma 12e année comme professionnel; avec mon bagage, je peux avoir quelquefois une autre vision de la course, et ça peut l’aider.» Pour ce qui est de garder de la mesure dans le gigantisme de l’épreuve, le recul, voire la timidité de l’ancien coureur de la BMC peuvent être précieux en effet.

L’espoir d’«en claquer une»

Le Suisse s’est facilement fondu dans son nouveau costume. «Oui, on peut s’épanouir dans ce rôle, lâche-t-il. Je vois aussi que j’ai bientôt 33 ans et qu’à cet âge-là peut-être que mes meilleures années sont derrière moi. Mais je peux être important dans une équipe qui se bat pour gagner.» Son directeur-sportif de préciser: «À un moment donné, le coureur sait qu’il a atteint un plafond et qu’assumer un premier rôle est dur physiquement, mais aussi et surtout mentalement. Du coup, c’est plus confortable de mettre son énergie au service d’un chef.»

Mathias Frank n’a tout de même pas renoncé à toute ambition personnelle. Au gré des tactiques de sa formation, il pourrait être appelé à prendre l’échappée matinale, et là… «Pour l’instant, je me contente de faire mon travail et les sensations sont bonnes. Mais j’espère…» Un cycliste n’abandonne jamais l’idée d’«en claquer une».

Créé: 12.07.2019, 22h28

Classements

Tour de France
7e étape, Belfort - Chalon-sur-Saône
(230 km):

1. Groenewegen (PB/JUM) 6 h 02’ 44” (moyenne: 38,1 km/h). 2. Ewan (Aus/LOT). 3. Sagan (Slq/BOR). 4. Colbrelli (Ita/BAH). 5. Philipsen (Bel/UAE). 6. Viviani (Ita/DEC). 7. Nizzolo (Ita/DDT). 8. Stuyven (Bel/TRE). 9. Matthews (Aus/SUN). 10. Kristoff (Nor/UAE) tous m.t.

Puis:
38. Schär (S/CCC) m.t. 104. Kung (S/FDJ) à 56’’. 131. Frank (S/ALM) à 3’13’’. 156. Reichenbach (S/FDJ) à 3’13’’. 174 coureurs classés.

Classement général:
1. Ciccone (Ita/Trek) 29 h 17’39’’. 2. Alaphilippe (Fra/DEC) à 6’’. 3. Teuns (Bel/BAH) à 32’’. 4. Bennett (NZL/JUM) à 47’’. 5. Thomas (GB/INE) à 49’’. 6. Bernal (Col/INE) à 53’’. 7. Pinot (Fra/FDJ) à 58’’. 8. Kruijswijk (PB/JUM) à 1’04’’. 9. Woods (Can/EF1) à 1’13’’. 10. Uran (Col/EF1) à 1’15’’.

Puis:
34. Reichenbach (S/FDJ) à 9’49’’. 57. Frank (S/ALM) à 19’36’’. 102. Kung (S/FDJ) à 39’46’’. 123. Schär (S/CCC) à 48’47’’.

Points (général):
1. Sagan (Slq/BOR) 177 pts. 2. Colbrelli (Ita/BAH) 121. 3. Elia (Ita/DEC) 117.

Le boyau du bonheur

Dylan Groenewegen a remporté son étape «habituelle» sur le Tour. Le Néerlandais avait chuté lors du sprint de Bruxelles samedi dernier et vu son poisson pilote Mike Teunissen lever les bras à sa place. Mais, comme en 2017 sur les Champs-Elysées et en 2018 à Chartres et Amiens, le sprinter de la Jumbo-Visma en a au moins épinglé une. Pour ce faire, il a parcouru les 500 derniers mètres, à Chalon-sur-Saône, à la vitesse moyenne de 52,8 km/h. Il a même été flashé
à 74,1 km/h au plus fort de son accélération! Cela lui a permis de devancer d’un boyau l’Australien Caleb Ewan. «C’était un très beau final, serré, mais je suis heureux de gagner, après ce qu’il s’est passé en Belgique, a soufflé Groenewegen. Pour le maillot vert, Peter Sagan est trop fort en montagne. Moi, je vais me contenter de chasser d’autres victoires.» Ça ne devrait pas être pour ce samedi, sept côtes étant au programme en direction de Saint-Étienne. Julian Alaphilippe tentera de combler les 6 secondes de retard qu’il compte sur le maillot jaune Giulio Ciccone. R.C.

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