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FranceJean Castex succède à Edouard Philippe à Matignon

Emmanuel Macron a nommé Jean Castex en remplacement d’Edouard Philippe qui a donné sa démission ce vendredi. Un choix critiqué.

Jean Castex est nommé ce vendredi premier ministre par Emmanuel Macron.
Jean Castex est nommé ce vendredi premier ministre par Emmanuel Macron.
AFP

Le président français Emmanuel Macron s'est séparé vendredi de son populaire Premier ministre Édouard Philippe, remplacé par un discret inconnu lui aussi issu de la droite, une manière de reprendre les rênes de l'exécutif, à deux ans de la prochaine élection présidentielle.

Jean Castex, haut fonctionnaire, maire d'une petite ville et homme de dossiers, a été désigné à la mi-journée, quelques heures après la remise de la démission du gouvernement par Édouard Philippe.

Sitôt nommé, il a dit «mesurer l'immensité de la tâche» qui l'attend. «Compte tenu des circonstances exceptionnelles dans lesquelles se trouve notre pays, j'ai accepté», a-t-il ajouté.

Chargé du déconfinement

Cet ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, chef de l'État de 2007 à 2012, devrait finaliser son gouvernement durant le week-end. Âgé de 55 ans, le maire de Prades, (Sud-Ouest) qui vient de démissionner du parti LR (Les Républicains, droite), était depuis avril le délégué interministériel chargé du déconfinement.

«Il est un haut fonctionnaire complet et polyvalent qui aura à coeur de réformer l'État et de conduire un dialogue apaisé avec les territoires», a expliqué l'Élysée.

Cet homme au profil discret sera chargé de mettre en musique les orientations décidées par Emmanuel Macron jusqu'à la prochaine élection présidentielle en 2022, alors que le chef de l'État entend «se réinventer».

Choix critiqué

Les leaders d'opposition ont critiqué ce choix comme étant celui d'un président qui veut avoir toutes les cartes en main pour poursuivre sa politique sans varier et préparer la présidentielle sans être gêné par un Premier ministre qui lui ferait de l'ombre.

«On pouvait attendre un virage politique, mais c'est technocratique» avec quelqu'un «retenu pour gérer les affaires courantes» a dénoncé le président de LR Christian Jacob.

Avec la nomination de Jean Castex, «le Président de la République confirme sans surprise son cap. Le jour d'après sera de droite comme le jour d'avant», pour le patron du Parti socialiste Olivier Faure. En attendant d'être remplacé, le gouvernement sortant expédie les affaires courantes.

Édouard Philippe va lui retrouver dès dimanche la mairie du Havre (Nord-Ouest), mais selon l'entourage d'Emmanuel Macron, il a aussi accepté «d'aider le président» à «consolider la majorité», fragilisée par la perte de la majorité absolue à l'Assemblée, des contestations internes et un revers aux élections municipales.

«Nouvelle étape»

Le nouveau gouvernement devra «mettre en oeuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale», a fait savoir l'Élysée. Avec une priorité sur la politique de santé, le grand âge et un plan pour la jeunesse.

Après trois ans de pouvoir, des réformes controversées comme celles de l'assurance chômage, plusieurs crises (manifestations des gilets jaunes, crise du Covid-19, notamment), Emmanuel Macron avait annoncé un nouveau souffle, une nouvelle orientation, un besoin, selon ses mots de «se réinventer», alors qu'il n'est pas très populaire et que le pays se prépare à subir un fort contrecoup économique du fait de la pandémie.

«J'ai ma part de maladresse. J'ai parfois considéré qu'il fallait aller vite sur certaines réformes. Cela ne peut marcher que par le dialogue. J'ai beaucoup d'ambition pour notre pays. J'ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens», a-t-il déclaré à la presse régionale. Mais «le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai», a-t-il réaffirmé dans l'entretien publié vendredi.

Même s'il s'en défend, ce remaniement permettra aussi à Emmanuel Macron de garder en ligne de mire la prochaine élection présidentielle en 2022.

Le changement d'équipe intervient dans la foulée des élections municipales, marquées par une forte abstention, un revers pour le parti présidentiel La République en marche et une poussée écologiste dans les centres urbains.

ATS/NXP