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HOCKEY SUR GLACEJohnny Kneubühler a eu de la peine à s’endormir

En inscrivant le deuxième but d’Ambri, l’ex-junior des Vernets a plongé un peu plus les Servettiens dans les soucis et une grosse frustration. Si la Romandie lui manque, l’attaquant se plaît en Léventine.

Johnny Kneubühler a souvent de la réussite contre Genève-Servette…
Johnny Kneubühler a souvent de la réussite contre Genève-Servette…
PIERRE MAILLARD

C’est lui, Johnny Kneubühler, qui a inscrit le but qui a plongé un peu plus Genève-Servette dans les soucis et sa grosse frustration. L’ex-junior des Vernets, qui a pris l’habitude de marquer régulièrement contre son ancien club, revient sur cette partie un peu folle où les arbitres ont distribué 153 minutes de pénalité à la suite d’une bagarre générale qui a éclaté dès que la sirène a retenti. Le jeune attaquant d’Ambri de 24 ans, qui avec son gardien Damiano Ciaccio a été l’un des éléments les plus en vue des Léventins mardi soir, avoue avoir eu de la peine à fermer l’œil une fois rentré chez lui

‹‹Les Genevois étaient tellement fâchés de perdre de cette manière et du déroulement que cela s’est malheureusement terminé comme ça.››

Johnny Kneubühler, attaquant de Ambri

Johnny Kneubühler, comment dort-on après un tel match?

J’avoue que c’était compliqué. Il y avait beaucoup encore passablement d’adrénaline et le sommeil s’en est forcément ressenti. À la fin, c’est vrai que c’était chaud

Comment expliquez-vous ces fins de rencontres aussi houleuses à la Valascia, surtout avec Genève-Servette?

Je ne sais pas, mais lors d’une fin de match ainsi où l’équipe s’incline de peu, elle veut peut-être faire passer un message à l’adversaire. Il y avait beaucoup de frustration dans le camp genevois à l’image de Linus Omark et de Simon Le Coultre qui sont venus finir leur charge un peu violemment sur Brian Flynn lors du dernier puck qu’on a touché. Les Genevois étaient tellement fâchés de perdre de cette manière et du déroulement que cela s’est malheureusement terminé comme ça.

Pensez-vous, comme le pensait votre coéquipier Michael Ngoy, que les Servettiens, qui restaient sur quatre victoires de suite, ont fait preuve d’arrogance et de suffisance à votre égard?

Je ne sais pas si c’était de l’arrogance ou de suffisance, mais une chose est sûre: il y a toujours ce genre de frustration quand une équipe perd un match ainsi, cela arrive assez souvent ici où ça part en bagarre à la fin et pas seulement avec Genève-Servette. Il peut y avoir parfois des fins houleuses parce qu’il y a eu une mauvaise charge ou parce qu’il y a eu un coup qu’on n’a pas aimé, mais surtout de la part de la formation vaincue.

‹‹Les dirigeants veulent vraiment apporter ces valeurs du petit club qui a toujours lutté pour survivre. ››

Johnny Kneubühler, attaquant de Ambri

Sinon, en ce qui vous concerne, il y a eu un beau but, le deuxième et un bon match de votre part. On sent que vous vous plaisez bien dans cette formation d’Ambri, on se trompe?

Oui, je suis pas mal ici, c’est vrai, mais il n’y a rien de confortable non plus où tout est acquis et facile parce que je dois constamment adapter ma façon de jouer et me montrer prêt chaque fois que je change de ligne par exemple. Il m’arrive aussi de me retrouver surnuméraire. Cela me fait grandir et sortir de ma zone de confort tout le temps. Je dois être assez alerte, mais ça me plaît, j’apprends beaucoup ici.

On a le sentiment que votre coach Luca Cereda est encore joueur, proche de vous, c’est juste?

On peut bien parler avec lui en dehors de la glace, il prend systématiquement des nouvelles de ses joueurs. Depuis que je suis professionnel, je n’ai jamais été aussi proche d’un coach, surtout à Lausanne où il y en avait eu beaucoup en peu de temps. Sur le banc il est aussi très spécial et unique, c’est un motivateur hors pair.

On dit que lorsqu’on enfile ce maillot biancoblu d’Ambri, qu’il y a quelque chose de fort qui inculque des valeurs, c’est vrai?

Si vous voulez, surtout ces dernières années avec le staff technique mis en place ici, avec Paolo Duca comme directeur sportif et Luca Cereda sur le banc, le club a voulu insuffler de l’ADN tessinois. Les dirigeants veulent vraiment apporter ces valeurs du petit club qui a toujours lutté pour survivre. Il n’y a pas beaucoup de masse financière et une patinoire misérable par rapport aux autres que dès que tu enfiles ce maillot tu ressens le devoir que tu as un peu ici. Mais c’est quelque chose d’encore plus fort quand les fans sont là.

Et ces fans, ils doivent vous manquer, surtout dans cette Valascia où ils chantent tout le long d’un match?

Ah oui, ils nous manquent tellement, Quand la Curva Sud chante derrière le drapeau du Che, avec tous ces gens autour de nous, on ne a des frissons.

Avez-vous appris par cœur l’hymne mythique de la Montanara?

Je connais la première phrase, après c’est compliqué. Mais il est vrai que cette Montanara, comme le public, cela nous manque énormément.

Et la Romandie, elle ne vous manque pas trop?

Oui, quand même, car c’est loin Ambri, c’est le désavantage de jouer ici. Étant proche de ma famille et de mes amis, c’est quand même difficile d’être aussi éloigné mais il y a des moyens audiovisuels qui me permettent de parler régulièrement avec mon frère, mon père, ma mère et ma famille. Et puis, lorsque j’ai trois à quatre jours de libre, je fais en sorte de rentrer pour les voir, c’est un besoin. Il est vrai que j’aime bien la Romandie et que je m’y sens bien.

‹‹Je vois la nouvelle patinoire se construire et se fignoler, c’est magnifique. ››

Johnny Kneubühler

La Valascia va bientôt disparaître, c’est un pan du passé qui s’en va, des émotions. Vous les joueurs, on imagine que vous réjouissez surtout de jouer dans votre nouvelle patinoire?

Oui, moi en tout cas. Je vois la nouvelle patinoire se construire et se fignoler, c’est magnifique. Pour des purs Tessinois, qui ont grandi dans cette Valascia, c’est quelque chose de mythique pour eux de voir un bâtiment aussi moderne se dresser à côté. Et pour les joueurs, c’est génial de pouvoir commencer dans une nouvelle patinoire.

Vous n’aviez pas eu cette chance à Malley, vous le vivrez à Ambri!

C’est juste, j’étais parti de Lausanne juste avant. À part ça, vous l’avez vu, elle est vraiment belle!

Tout le monde dans le pays, à commencer par les Servettiens se réjouissent de changer de patinoire. Mais en attendant, avant l’inauguration cet été, vous allez devoir jouer encore à la Valascia avec toujours l’espoir de disputer les play-off…

Oui bien sûr, car nous ne sommes qu’à la moitié du championnat, mais on ne sait jamais comment cela va se finir avec le gouvernement ou avec les quarantaines. Reste que oui, tout est faisable pour les douze équipes. Cela dit, même si on est neuvième, on doit rester modestes et humbles tout en regardant le haut de classement plutôt que de toujours traîner entre la 8e et la 10e place. Si on pouvait finir parmi les six premiers, ce serait encore plus beau!

Vous recevez Davos ce vendredi, encore un match important…

Mais pour nous ils sont tous importants ces matches! Maintenant, on a souvent de la peine contre des formations de bas de classement. Les rencontres qu’on doit remporter on les perd et face aux grosses équipes on les gagne. On doit travailler là-dessus. Cela dit, si on joue contre Davos de la même manière que mardi, en mode de chasse et de survie, on a toutes nos chances de nous imposer une nouvelle fois.