Enchères à GenèveLa broche en émeraude de l’Aga Khan mise à l’encan
Le bijou fut déjà l’objet de toutes les convoitises lors de la vente Christie’s de mai 1969. François Curiel nous raconte.

Pedigree: broche en émeraude de forme carrée de 37 carats, diamants de forme marquise, platine et or jaune, le tout monté par Cartier sous forme de broche en 1960. Puis par Van Cleef & Arpels et Harry Winston. L’émeraude en question est colombienne. Ce qui est exceptionnel, commence par confier François Curiel, directeur de la division luxe de Christie’s et chairman de Christie’s Europe, «c’est sa couleur et sa chatoyance. Dans ma longue carrière, puisque je suis chez Christie’s depuis cinquante-cinq ans, je n’ai presque jamais vu une émeraude de cette qualité qui n’ait jamais été modifiée. La pierre ne présente aucun signe d’injection d’huile ou de résine.»
Et de poursuivre au sujet de sa provenance: «Le fait qu’elle ait été acquise par le prince Sadruddin Aga Khan pour son épouse, Nina Dyer, évoque une période rêvée.» Vous l’aurez compris, la fameuse broche qui sera mise en vente le 12 novembre par Christie’s à Genève, va faire un tabac. Elle est estimée entre 5’200’000 et 6’800’000 francs. Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’elle porte en elle toute l’histoire de Christie’s et de ses débuts dans la joaillerie. Car elle fut déjà vendue par la maison le 1er mai 1969, à l’hôtel Richemond à Genève.
Première vente joaillière
Nous sommes au printemps 1969. Le père du jeune François Curiel l’emmène à une private viewing des pièces de la collection de bijoux Nina Dyer à Genève. «Je me rappelle avoir été vraiment ébahi par les gemmes que l’on pouvait voir de près quelques semaines avant la fameuse vente du 1er mai 1969.»
Organiser une vente d’une collection de bijoux de feu Nina Dyer, cette beauté mondaine qui avait épousé le baron Hans Heinrich von Thyssen Bornemisza, puis l’Aga Khan, avant de disparaître tragiquement à l’âge de 35 ans, fut une gageure. «J’aurais aimé vous dire que le choix de Genève faisait partie d’une vraie stratégie de Christie’s à l’époque. Mais en réalité, au moment de la mise en place de la vente, les spécialistes ont compris que les taxes d’importation étaient de 20% en Angleterre. Il a fallu trancher entre la Suisse et Hong Kong. Genève est vite apparue comme une évidence», explique encore Curiel.
Genève, capitale de la joaillerie
Tous les grands noms se pressent dans les couloirs du Richemond au petit matin du 1er mai 1969. «La salle ouvrait à 8 h 30, mais les gens faisaient la queue dès 6 h 30. Toute la ville était en émoi. Il y avait là les frères Chaumet, Jacques Arpels, qui d’ailleurs va acquérir cette fameuse broche, et des clients du monde entier qui voulaient eux aussi vendre leurs bijoux.» Depuis lors, deux ventes joaillières sont organisées chaque année par Christie’s à Genève, en novembre et en mai. Cinquante-cinq ans que l’histoire se poursuit et elle n’est pas près de se terminer.

Exposition du vendredi 8 au mardi 12 novembre de 10h-18h et le 12 novembre de 9h à 13h. Vente le 12 novembre à 15 h. Au Four Seasons Hotel des Bergues, à Genève. www.christies.com
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