L’invitéJO à Pékin: pour un boycott diplomatique!
Le 4 février s’ouvriront à Pékin les Jeux olympiques d’hiver devant un parterre plus ou moins fourni de représentants politiques. Plus qu’une célébration du sport, ce sera une vitrine offerte par le CIO au gouvernement chinois. Mais la récupération politique que pourra ou non en faire le président Xi Jinping dépendra de l’affluence de dirigeants du monde. La question du boycott des JO est donc loin d’être anecdotique.
La question de savoir s’il faut cautionner les politiques menées par Pékin l’est encore moins pour la Suisse qui a inscrit au cœur de sa politique étrangère la défense des valeurs démocratiques et des droits humains. Suisse qui, rappelons-le, est membre fondatrice du Centre pour le sport et les droits de l’homme basé à Genève.
Depuis l’Antiquité, la célébration de l’Olympisme et du sport en général est prétexte à une récupération politique dont ne se privent pas les dirigeants pour étaler leur puissance, à l’instar de l’Allemagne nazie en 1936 à Berlin. Il est naïf de croire que les grands événements sportifs pourraient être abordés indépendamment de la politique. Preuve en sont aussi les boycotts sportifs et diplomatiques des JO de Moscou (1980) par les démocraties libérales (dont la Suisse) et de Los Angeles (1984) par le bloc de l’Est, ou l’exclusion dès 1964 par le CIO de l’Afrique du Sud en raison de sa politique ségrégationniste d’apartheid, jugée incompatible avec les valeurs et principes de l’Olympisme tels le respect, la non-discrimination et l’humanisme.
N’est-ce pas l’occasion, à quelques jours des Jeux, de prendre une décision courageuse à l’égard du gouvernement chinois? Ce pays où règne un parti unique est accusé de génocide par de nombreux États et ONG. On parle d’exactions de masse à l’encontre des minorités ethniques ouïgoure et tibétaine ainsi que de groupes religieux comme le Falun gong. Les témoignages font état de millions de personnes torturées, internées dans des camps de travail ou stérilisées de force. Une répression – y compris à l’étranger – qui s’inscrit dans une politique de contrôle généralisé sur la population, les entreprises et les médias à grand renfort de digitalisation. Un cauchemar orwellien qui fait aussi peser des menaces terribles sur les démocraties voisines, dont Taïwan.
Au vu de ces crimes, le CIO n’aurait jamais dû attribuer ces JO à Pékin, d’autant moins après l’expérience de 2008 qui n’a nullement participé à renforcer la démocratie. C’est un message désastreux d’impunité envoyé aux victimes de la dictature chinoise ainsi qu’à toutes les personnes au Belarus, en Birmanie et à travers le monde qui luttent au quotidien pour leurs droits fondamentaux. Toutes et tous désespèrent de voir la communauté internationale tourner le dos aux principes fondateurs de nos démocraties libérales.
Enfin, le CIO met des milliers de sportif-ves dans une situation très inconfortable où ils se verront interdits d’exprimer leurs avis librement.
Pour atténuer l’impact de ce message catastrophique, il n’existe qu’une solution: le boycott diplomatique. Or, contrairement à de nombreux pays (États-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Japon, Pays-Bas, Suède, Lituanie, etc.), la Suisse a annoncé vouloir envoyer un-e émissaire politique de haut rang pour la représenter - mais peine à la/le désigner.
Malgré l’assurance affichée, on sent le Conseil fédéral troublé à l’idée de cautionner un gouvernement chinois coupable de crimes contre l’humanité. C’est pourquoi je l’invite à revenir sur sa décision et montrer son attachement aux droits humains et aux valeurs de l’Olympisme en renonçant à se rendre à Pékin!
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