Jeune femme menottée: la police donne sa version
Selon la police, la dame arrêtée après avoir uriné dehors refusait de donner son identité et troublait l'ordre public. Elle dément.

L'article relatant l'arrestation de Zoé Bon, 29 ans, «menottée pour avoir fait pipi dehors», a fait bondir Antonio Pizzoferrato, le chef du Service de la sécurité et de l'espace public en Ville de Genève. N'ayant pu livrer sa version des événements jeudi, il l'a fait hier, après avoir lu le rapport de police. «Je précise qu'il n'a pas été rédigé maintenant, mais par les agents ayant arrêté la jeune femme ce soir-là.» Sur cette base, il affirme que «la dame a été interpellée, puis amenée au poste, au motif qu'elle a refusé de s'identifier et que, subséquemment, elle est devenue virulente à l'égard de l'agent. Si elle avait donné son identité, il aurait pu la verbaliser sans devoir la conduire au poste.»
Ce 9 septembre 2016, la police patrouille vers la pointe de la Jonction. «Pas pour arrêter les dames faisant pipi mais pour remettre de l'ordre dans une zone de non-droit, où les gens continuent, après minuit, d'écouter de la musique, de chanter, de hurler voire d'uriner, provoquant des nuisances qui dérangent jusqu'aux falaises de Saint-Jean.» Dans leur ronde, les agents voient la jeune femme qui vient d'assouvir un besoin naturel derrière un talus.
«Les policiers lui ont demandé de se légitimer; elle a refusé. Elle est repartie vers un groupe d'une vingtaine de personnes. Nos agents l'ont suivie. Elle a tendu son porte-monnaie sous le nez de l'un d'eux en lui lançant: «Je suis sûre que vous ne viendrez pas le chercher.» Le policier s'en est saisi. La jeune femme s'est alors agrippée à son bras et a hurlé.»
Selon la police, le groupe d'amis s'est ensuite approché «de manière inquiétante. Ce qui a décidé nos agents à poursuivre le contrôle au poste, à appeler du renfort et à menotter la jeune femme». Deux voitures, et non trois comme indiqué hier par la Genevoise, seraient alors arrivées.
La police déclare que Zoé Bon, avinée, titubait et qu'elle s'est excusée de son état. Antonio Pizzoferrato souligne qu'elle ne s'est jamais plainte par la suite, ce qui prouve, selon lui, que sa version ne tient pas. «Les policiers municipaux sont assujettis à l'organe de médiation, auquel on peut s'adresser en cas de problème», ajoutant que la fixation du montant de l'amende n'incombe pas à la Ville mais au Canton. Et de préciser: en 2016, 450 amendes ont été infligées à des individus ayant uriné sur la voie publique; 88% touchaient des hommes. «Vous voyez qu'il n'y a pas de sexisme!»
La jeune femme dément cette version. «Je n'ai pas refusé de donner mon identité. Je leur ai tendu mon porte-monnaie. Je n'avais pas bu, hormis un peu de bière dans le verre de mon copain à 17 h. Un test l'aurait prouvé, mais aucune analyse n'a été faite. Je n'ai pas hurlé. Au contraire, je suis restée très zen. Je n'ai pas touché l'agent. C'est une fois menottée que mes amis se sont approchés des agents. Enfin, je me suis plainte en contestant l'amende.» Zoé Bon vient en outre d'adresser une autre plainte à la police cantonale.
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