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Nouveau directeur au GSHCJérôme Bonnet lâche son casque pour une nouvelle casquette

Retour au bercail pour l’ancien junior de Ge/Servette et joueur du LHC, qui remplace Laurent Pechkranz à la tête de l’Association Genève Futur Hockey.

Il a troqué son casque, ses patins et ses gants pour un costard et des mocassins. Ancien junior de Ge/Servette et attaquant des Aigles de 2004 à 2008, Jérôme Bonnet est passé de l’autre côté de la glace, dans les bureaux du club, pour porter une nouvelle casquette. C’est lui, l’ex-joueur du Lausanne HC, de Martigny, de Sierre et La Chaux-de-Fonds, qui a succédé, au début du mois, à Laurent Pechkranz au poste de directeur administratif de l’Association Genève Futur Hockey. Une belle promotion. À 32 ans, le jeune retraité des patinoires se sent prêt à assumer cette responsabilité.

«J’aime bien appeler cela un joli retour sur expérience, sourit ce Lausannois qui avait débarqué aux Vernets en 2003 pour rejoindre les juniors. J’étais venu avec mon frère Julien, se souvient-il. Mais à l’époque ce n’était pas aussi bien organisé que maintenant. Nous avions d’ailleurs vécu l’émergence du sport-études en tombant sur une dame qui nous avait pris sous son aile. C’est grâce à elle, à Josette Schopfer, qu’a commencé cette structure au collège Henry-Dunant. Elle a pris de l’ampleur aujourd’hui. On était les premiers. Et voilà où on en est maintenant…» Un magnifique succès!

«Je connaissais le côté pile et là je découvre la partie face»

Jérôme Bonnet, nouveau directeur de l’Association de Genève Futur Hockey

À la Praille, où se trouvent vos bureaux, vous avez retrouvé des têtes connues, comme celles de Chris McSorley, de Louis Matte, de Pat Emond et de Sébastien Beaulieu, qui étaient déjà là à cette époque…

Exactement. Je n’arrive pas dans un environnement inconnu. Là, dans ma position, je dois désormais gérer tout l’envers du décor. Je connaissais le côté pile et là je découvre la partie face, toutes ces choses administratives que tu ne vois pas forcément quand tu es joueur.

Quel va être votre job dorénavant?

J’aurais la direction administrative de l’AGFH, soit les équipes des moins de 15 ans, les M17 et les M20 élite. C’est une autre personne qui s’occupe des Aiglons, l’autre mouvement jeunesse du club, qui fait partie de l’association.

Allez-vous poursuivre le travail amorcé par votre prédécesseur Laurent Pechkranz?

Oui, car il a fait un travail excellent depuis de nombreuses années. Je n’ai pas grand-chose à révolutionner, c’est plutôt une continuité que je souhaite poursuivre, tout en apportant quelques idées novatrices qu’on pourrait intégrer par la suite.

Est-ce le travail que vous recherchiez, d’apporter votre expérience, votre vécu, à des jeunes?

Je m’étais inscrit à un CAS universitaire en leadership de pilotage du sport. En qualité d’ancien hockeyeur, c’est naturellement compliqué de trouver quelque chose d’aussi enthousiasmant en dehors d’une patinoire ou d’un terrain. Quand tu as pratiqué du sport à haut niveau, c’est un souhait de rester dans ce milieu.

Avec trois titres suisses entre 2016 et 2019, avec les novices et les juniors, le groupement de Genève Futur hockey est de qualité: cela est d’autant plus motivant de travailler pour une telle relève, on imagine…

C’est hypermotivant, en effet, d’autant plus que j’ai eu une expérience dans ce club en tant que joueur. Je m’aperçois aujourd’hui qu’il y a eu énormément de progrès réalisés depuis. C’est un peu le jour et la nuit entre 2003 et 2020. Il y a un gros potentiel avec, on l’espère, bientôt de nouvelles infrastructures un jour. Une nouvelle patinoire pourrait donner un élan extrêmement porteur. Il y a beaucoup de belles choses en perspective pour que cela se passe bien, effectivement.

Vous souvenez-vous encore de votre période genevoise?

Je me rappelle évidemment de la finale des play-off en 2008, c’était une expérience incroyable. Avec le recul, c’était extraordinaire de faire partie de cette équipe-là où il y avait eu l’émergence de juniors et de joueurs venus hors du canton. Désormais, il y a non seulement la proximité de la France, mais aussi une approche lettone pour l’évolution des jeunes joueurs. Notre objectif reste aussi et surtout de développer un maximum de talents locaux, qu’ils aient plus d’abnégation pour que l’élan du hockey à Genève subsiste. On doit aussi éviter de se reposer sur nos lauriers.

Le fait qu’un Pat Emond donne la chance aux juniors en première équipe, c’est un plus pour vous, une belle vitrine pour attirer encore d’autres talents?

Ce qui a été réalisé ces dernières saisons avec la première équipe est en effet une magnifique vitrine à l’extérieur de Genève. Quand on est un jeune joueur, on peut souvent avoir le choix avec plusieurs clubs pour poursuivre sa formation dans l’élite. Mais dès le moment où on se rend compte qu’on peut jouer en première équipe, en LNA, haut aux Vernets, cela devient un élément positif pour un adolescent prometteur qui a des ambitions.

Jérôme Bonnet en 2008 à Genève Servett
Jérôme Bonnet en 2008 à Genève Servett
Eric-Lafargue

Qu’allez-vous retenir de votre carrière que vous avez emmené dans vos bagages jusqu’à Genève?

Il y a tellement de choses! Je dirais simplement à ces jeunes que pour y arriver, il faut garder une persévérance du travail sans relâche. Car on peut croire que de jouer au hockey, c’est juste du plaisir. Mais pour s’investir dans une carrière, c’est 80% de challenge et d’obstacles à relever pour 20% de jouissance pure. Mais pour connaître un titre ou une finale, on s’en souvient tellement longtemps après que le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Il y a notamment ces blessures, comme ce coup de patin que vous aviez reçu dans le cou, avec le LHC à Malley. Cela peut être traumatisant…

Les blessures font partie des obstacles à relever, rien n’est jamais acquis dans ce milieu-là. Vous devez faire preuve d’abnégation de manière constante.

Aujourd’hui, vous êtes sous la menace du corona: c’est un autre combat…

C’est d’ailleurs une période assez particulière pour une prise de fonction. Maintenant on espère évidemment que ce virus disparaisse, qu’on puisse reprendre rapidement une activité normale, que les jeunes puissent très vite se remettre au travail.

Jérôme Bonnet a porté le casque et le chandail de Ge/Servette avant de passer de l’autre côté de la glace. 
Eric Lafargue