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Rencontre au City PullyIsabelle Stoffel au soleil de Madrid

L’actrice bâloise irradie dans «Eva en août», parenthèse enchantée du réalisateur Jonas Trueba.

Délicieuse parenthèse enchantée que ce conte baigné de lumière solaire, alangui dans une torpeur sensuelle qui invite à s’abandonner durant plus de deux heures. «Eva en août» irradie à travers des interprètes féminines irrésistibles. Le réalisateur Jonas Truebá y convie sa muse et coscénariste, la comédienne Itsaso Arana, mais c’est une autre de ses fidèles, l’actrice bâloise Isabelle Stoffel, qui présente ce film singulier ce mercredi au City Pully.

Isabelle Stoffel et Itsaso Arana, dans «Eva en août».
Isabelle Stoffel et Itsaso Arana, dans «Eva en août».
DR

Le titre original salue «La vierge d’août», notant la quête mystique qui se poursuit dans une chaleur écrasante et propre à plomber toute interrogation identitaire. Le premier chapitre de cette dérive madrilène cite le philosophe Ralph Waldo Emerson et c’est bien l’aventure transcendante et révélatrice qui, ici, est conviée sous l’apparente paresse.

C’est le charme puissant de cette fable à la fois lourde de sens, comme la météo caniculaire d’une quinzaine en été dans une métropole désertée de ses habitants, et vacances spirituelles qui s’envole pourtant sans cesse, bifurque et vagabonde, soudain empreinte d’une inattendue légèreté.

Ode à la ville autant qu’à l’héroïne qui en bat les pavés, «Eva en août» affiche aussi son amour du cinéma d’Éric Rohmer, hommage appuyé de l’aveu du réalisateur, au «Rayon vert»

Eva, 33 ans, a décidé de rester à Madrid malgré l’exode général, en devient une touriste fureteuse de plaisir, au regard lavé du passé routinier, tendu vers la découverte. De ses antécédents, rien ou presque ne perce, une envie de maternité, une déception amoureuse. La jeune femme croise d’anciens amis ou amoureux à l’entrée d’un cinéma, au milieu des statues antiques du Musée archéologique, se lie à un inconnu suicidaire sur le viaduc de Ségovie, se baigne avec une amie – Isabelle Stoffel, déjà trois films avec Jonás Trueba.

Ode à la ville autant qu’à l’héroïne qui en bat les pavés, «Eva en août» affiche aussi son amour du cinéma d’Éric Rohmer, hommage appuyé de l’aveu du réalisateur, au «Rayon vert». Ainsi l’histoire hypnotique de l’Espagnol se faufile-t-elle dans les interstices chers au cinéaste français, par les hasards et coïncidences de l’existence qui tissent une toile latente.

Optimisme joyeux

Dans «cette nouvelle façon d’être au monde», un optimisme inédit et joyeux tranche avec le modèle original, notamment sa Marie Rivière si désespérée, achève de donner un style propre et organique, loin d’une copie nostalgique. Loin d’ailleurs des cartes postales.

«Eva en août», City Pully, me 9 sept., 20 h. En présence de l’actrice Isabelle Stoffel. Puis en salle.

www.cityclubpully.ch