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Tribunal fédéralSuspecté d'un meurtre en 1995, il sort de préventive

Les investigations menées par le Ministère public de la Confédération n'ont pas permis de confondre un quadragénaire, suspecté d’avoir tué un diplomate égyptien à Genève en 1995.

Maintenu en détention provisoire depuis 18 mois, le suspect d’un meurtre a été libéré par le Tribunal fédéral.
Maintenu en détention provisoire depuis 18 mois, le suspect d’un meurtre a été libéré par le Tribunal fédéral.
KEYSTONE

Un homme de 49 ans suspecté du meurtre d'un diplomate égyptien à Genève en 1995 est libéré. Le Tribunal fédéral estime que les charges retenues contre lui sont insuffisantes pour justifier le maintien de la détention provisoire ordonnée il y a 18 mois déjà.

Cette libération est annoncée mercredi par «Le Temps», qui a eu connaissance de la décision du Tribunal fédéral rendue lundi. Celui-ci souligne que la détention provisoire et son maintien se justifient lorsque l'instruction l'impose et que les soupçons contre la personne retenue se renforcent peu à peu.

En l'espèce, les investigations menées par le Ministère public de la Confédération n'ont pas permis de confondre le quadragénaire. Les soupçons reposaient sur des traces d'ADN et des déclarations d'une ex-compagne qui aurait recueilli des confidences du frère du prévenu.

Dans son arrêt, le Tribunal fédéral précise «qu'au vu de ces circonstances particulières – dont le nombre de mesures d'instruction entreprises sans résultats tangibles – et si tous soupçons ne sont pas écartés, ceux qui figurent au dossier ne suffisent plus à ce stade pour justifier le maintien du recourant en détention provisoire.»

Abattu en 1995

Le 13 novembre 1995, un conseiller permanent de la Mission égyptienne auprès de l'ONU avait été abattu de plusieurs balles dans le sous-sol de son immeuble à Genève. La police avait retrouvé sur place un silencieux artisanal confectionné notamment avec de la mousse pour appuie-tête.

En 2007, de nouvelles méthodes d'analyse avaient mis en évidence les profils ADN de quatre personnes, trois hommes et une femme. En 2018, les enquêteurs ont établi que l'un de ces profils correspondait à celui de l'homme mis en examen. Les autres ADN n'ont pas été identifiés.

Mis en détention provisoire, le quadragénaire a été prévenu de meurtre ou d'assassinat. Le MPC a ensuite étendu l'accusation à son frère. Durant l'enquête, le Parquet a recouru à des écoutes téléphoniques et même à des agents infiltrés dans les cellules. (arrêt 1B_195/2020 du 18 mai 2020)

NXP/ATS