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L’éditorialIl est l’heure de secourir, pas de gloser

    

Lorsqu’une personne se noie, on ne lui apprend pas à nager, on lui lance une bouée. C’est l’image qui vient à l’esprit devant les atermoiements de la droite parlementaire genevoise face au projet de création d’un fonds d’indemnisation de 15 millions de francs pour les travailleurs précaires. Avec ou sans statut légal, ces personnes sont en train de couler devant nous, leurs maigres revenus ayant disparu, emportés par la crise sanitaire. Les Genevois oseront-ils simplement regarder ailleurs après avoir été choqués par les images de distribution de colis alimentaires?

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Le pire de l’hypocrisie est de prétendre que l’État n’a pas à combler les revenus d’employées domestiques que des employeurs indélicats ne leur ont pas versés. Car cela reviendrait à punir l’employé pour une faute commise par son patron. Ou à ne pas lancer la bouée, prétextant que la personne a été poussée à l’eau par des gens malintentionnés.

Cela dit, il est évident que les employeurs, quels qu’ils soient, doivent être rappelés à leurs obligations. Voire être sanctionnés si le cas est grave. Mais ce travail-là est plutôt l’apanage des services de l’État ou des syndicats que celui du PLR ou du MCG. Certains sont un peu plus crédibles que d’autres dans ce rôle.

Il est en réalité assez surprenant que ce projet ait suscité tant d’émoi au parlement. Après tout, la proposition a été élaborée avec les partenaires sociaux, soit l’Union des associations patronales genevoises et la Communauté genevoise d’action syndicale. De plus, l’indemnisation est limitée à deux mois et compense des pertes de revenu du travail.

Le Grand Conseil a assez tergiversé. Il doit donc trancher cette semaine et, le cas échéant, avoir le courage d’assumer son choix s’il balaie le projet.