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Nouvelle plateforme de podcastsHop, on bascule: les acteurs font de la radio, les spectateurs se font auditeurs

À Meyrin naît Radio Bascule, tremplin des arts vivants vers la création audio du futur.

Un coin du TFM a été mué en studio d’enregistrement. 
Un coin du TFM a été mué en studio d’enregistrement. 
LUANA MASSARO

Rien n’arrête plus le boom de l’audio. Les consommateurs de podcasts, mais aussi leurs producteurs, suivent une courbe de progression exponentielle. Toujours plus, les arts vivants le préfèrent au streaming pour pallier la fermeture contrainte des salles. La vidéo, dans son ambition de rendre le spectacle sous tous ses angles, paradoxalement, s’enlise. Pour que la magie opère, mieux vaut exploiter pleinement un seul canal sensoriel: or, si la vue ouvre sur l’image, l’ouïe, elle, débouche sur l’imaginaire. Vu son potentiel de créativité, on peut gager que le balado continuera de fleurir sur les cendres de tout variant épidémiologique à venir.

Il n’y a donc plus à attendre, enfoncez vos écouteurs, allongez-vous sur vos divans ou adonnez-vous à l’activité de votre choix, et montez le son. À Genève, dès lundi 22 février, le podcast franchira un nouveau cap de croissance, avec le lancement de Radio Bascule, plateforme née des efforts conjoints du Théâtre Forum Meyrin (TFM), de Radio Vostok et du «bureau de stratégie de développement et de diffusion des arts scéniques» BravoBravo.

Une véritable fabrique qui voit le jour

Radio Bascule ne sera pas qu’un garage à bruits. Avec son studio d’enregistrement niché au sein du TFM, elle rassemble des fichiers audio répondant à des appels à projets, élaborés sur des budgets de production et portés par le soutien technique de professionnels. Parmi les artistes polyvalents sur les starting-blocks suite au premier concours organisé en été 2020, la comédienne Charlotte Dumartheray (avec une «Vieille Peau» d’une petite vingtaine de minutes), la danseuse Lucie Eidenbenz («Entrelacs», un quart d’heure), la cinéaste Stéphanie Argerich et le photographe Jörg Brockmann («Gnocchis», 9 minutes) ou la gestionnaire culturelle Candice Savoyat («Voyages en messagerie», 6 épisodes de moins de 3 minutes).

Des ateliers seront proposés aux amateurs, y compris en culotte courte, pour apprendre à réaliser un contenu audio digne de ce nom. Ainsi, à la mission de bibliothèque de productions natives se mêle la vocation de carrefour de créations externes. Dans cette logique, des collaborations écloront avec des associations, des écoles, des institutions. Une émission sera en outre diffusée sur un rythme hebdomadaire. Et, à ce tarif, rien n’interdit de rêver à un futur festival genevois du podcast… Bref, c’est une véritable fabrique qui voit le jour, un an après qu’Anne Brüschweiler, directrice du TFM, et Charles Menger, coordinateur d’antenne de Radio Vostok, ont conçu le projet de «faire forum» en dépit du confinement.

Par le même tour de passe-passe qui fait des artistes des artisans du son, les spectateurs se muent en auditeurs, pour leur plus grand plaisir et leur gain de liberté. Il suffit d’une connexion et d’une paire d’écouteurs, et les voilà embarqués, gratuitement, dans une odyssée esthétique, à califourchon sur les ondes. Pour les initiateurs, ces transformations en chaîne imposées par les restrictions sanitaires pourraient bien accompagner un basculement plus général: du monde d’avant vers celui d’après, résolument inventif.