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Lettre du jourHommage au poète Ronald Fornerod

DR

Cologny, 17 juin

«Pleure l’hiver/ Chante l’amour/ Houles de blé vert / Reprenez votre cours»! Ronald Fornerod
Sur scène, dans le cadre de mes Mardis au P’tit Music’Hohl, je t’avais fait dire de tes poèmes que j’avais illustrés par quelques accords improvisés sur le piano du P’tit Music’Hohl. Prof de français, de latin et d’histoire, tu m’avais maintes fois engagé dans ta classe pour interpréter mes chansons devant tes élèves, au Théâtre Töpffer.


Prix en poésie de la Société genevoise des écrivains, tu m’avais fait entrer dans cette association dont tu avais fini par prendre la direction, ce qui m’avait permis de m’exprimer à travers diverses manifestations littéraires que tu avais organisées sous cette enseigne. Devenu président de l’Académie romande, puis consultant de l’Académie française, je n’avais jamais oublié le temps où, pour mettre du beurre dans mes casse-croûtes, je faisais du piano-bar. Dans ce cadre, tu défiais les clients friands de standards américains en exigeant une écoute attentive de mes propres chansons en échange de quelques coups de blanc que tu offrais à qui avait soif.


Tout récemment, tu m’avais exprimé ton intention de réunir tes derniers inédits pour une publication aux éditions «Les Châtaigniers», nom de l’EMS où nous refaisions le monde, le temps d’un petit gueuleton en tête à tête. Peut-être n’était-ce qu’un rêve de plus parmi ceux que nous voulions réaliser encore?
Où que tu sois, j’ai une bonne nouvelle, bien réelle, à t’annoncer. Dans la prochaine «Lettre», nom d’une Revue littéraire franco-suisse produite par l’Académie rhodanienne qui s’apprête à être publiée, figureront plusieurs de tes poèmes. Je la transmettrai à ta fille, qui souriait si joliment quand je lui parlais de ton grand talent de poète. Toute ma compassion, chère Estelle. Et à toi, cher ami Ronald, l’éternité pleine de grâce et de tendresse.

Pierre Alain