Histoire du CapitoleLe cinéma lausannois presque centenaire en huit images
La fameuse salle racontée à travers quelques-unes de ses étapes marquantes.

Les samedi 24 et dimanche 25 février, les cinéphiles vont pouvoir renouer avec une salle chère à leur cœur, en travaux depuis trois ans. Le Capitole, géré par la Cinémathèque suisse depuis 2010, devient le lieu d’exploitation de l’institution et se dévoile au public lors de deux journées portes ouvertes, avant de reprendre le cours de sa programmation dans ses deux salles, la grande Freddy Buache et la petite Lucienne Schnegg. En attendant cette réouverture, nous vous proposons une plongée dans l’histoire de ce cinéma exceptionnel, ouvert à l’origine le 29 décembre 1928.
1928, labeur sous le soleil

Le chantier, en juin. Le Capitole prend la place de la villa Courvoisier à l’avenue du Théâtre 6. Dessiné par l’architecte lausannois Charles Thévenaz (1882-1966), futur responsable du site du Comptoir Suisse à Beaulieu. Le bâtiment, en béton armé, est équipé d’un système de chauffage et de ventilation dernier cri.
1928, inauguration hivernale

Inauguration de la salle de 1077 places, le 29 décembre. La première projection est celle du film «Der Kampf ums Matterhorn» («La conquête dramatique du Cervin»). Le métrage, muet, est accompagné par un orchestre. Il faudra attendre 1930 pour un film parlant, «La nuit est à nous».
1929, une salle majestueuse

Une vue de la salle et son cadre de scène d’alors, en bois ouvragé, illuminé de bleu ou de mauve, alors que le rose prend l’avantage sur les murs et les sièges. La fosse d’orchestre accueille un orgue. Les intérieurs impressionnent: luminaires Art déco, plafond du vestibule peint par Jean-Jacques Mennet.
1950, la «Pomme» de Maurice Chevalier

L’un des grands succès dans l’histoire de la salle, «Ma pomme», de Sauvajon, attire les foules au Capitole. Un public aimanté par l’acteur et chanteur Maurice Chevalier, qui signe – en haut à gauche – ce cliché de l’affiche. L’année d’après, les vedettes Dany Robin et Daniel Gélin font aussi sensation.
1951, une équipe déjà championne

L’année d’une première rénovation du côté de la façade de l’avenue du Théâtre. Le personnel d’accueil de la salle se fait tirer le portrait. Dans le groupe, en manteau noir, on distingue déjà Lucienne Schnegg, engagée deux ans plus tôt comme secrétaire et qui dirigera bientôt la salle.
1962, «Le jour le plus long» mais le trottoir le plus court

La rénovation de l’architecte Gérald Pauchard a déjà trois ans. La façade de l’entrée gagne ses lettres de néon, son horizontalité, tandis que les fauteuils sont bleus! Le Capitole continue d’attirer des bataillons de spectateurs qui envahissent le trottoir, ici pour «Le jour le plus long».
1981, le rouge et le doigt d’E.T.

Les fauteuils rouges deviennent la norme. Ils sont 869 et il faut bien cela pour une époque qui bat encore des records de fréquentation. En 1982, le «E.T.» de Spielberg rentre à la maison comme le plus grand succès du Capitole. Le film demeure quatorze semaines à l’écran pour 84’649 entrées…
2005, Lucienne par Jacqueline

Les cinémas lausannois sont à la peine. Dix d’entre eux ferment, Lucienne Schnegg résiste mais cumule les dettes. Jacqueline Veuve (à dr.) lui consacre un documentaire, «La petite dame du Capitole». Propriétaire depuis 1996, elle finit par vendre le cinéma à la Ville de Lausanne en 2010.
Lausanne, Capitole, portes ouvertes les sa 24 (10 h-17 h; 20 h, projection de «2001: A Space Odyssey» de Stanley Kubrick en 70 mm) et di 25 février (10 h-15 h; 17 h, projection de «Le Grand Blond avec une chaussure noire» d’Yves Robert). www.cinematheque.ch
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