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DécryptageLes mystères du bitcoin

La bulle qui s'était créée autour du bitcoin a explosé la semaine dernière. Retour sur les origines, les opportunités et les risques de cette monnaie électronique qui inquiète les marchés financiers.

Le bitcoin est «créé» («mined») par la résolution de programmes mathématiques complexes générés par ordinateur.
Le bitcoin est «créé» («mined») par la résolution de programmes mathématiques complexes générés par ordinateur.
DR

Le prix de cette monnaie virtuelle prisée par les «geeks» a connu une surprenante ascension ces dernières semaines, avant d’être divisé par cinq en trois jours.

Inventé en 2009 après la crise financière mondiale par un mystérieux informaticien caché sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, le bitcoin a subi jeudi «un effondrement majeur», a admis Gavin Andresen, responsable scientifique de la Fondation Bitcoin.

«Il y a eu beaucoup de spéculation de court terme», explique-t- il, «avec des gens qui voient que le prix monte et veulent se lancer, faire de l’argent, et ensuite s’en aller avant que (le prix) s’effondre».

D’où vient le bitcoin?

Le bitcoin ne repose sur rien de tangible. Il est «créé» («mined») par la résolution de programmes mathématiques complexes générés par ordinateur. Le logiciel de ces programmes pose une difficulté exponentielle à la «frappe» de nouveaux bitcoins, dont le nombre est limité à 21 millions. Cette complexité favorise le risque, a estimé la Banque centrale européenne (BCE), dans un rapport publié en octobre.

Le bitcoin reste «une aventure spéculative, très incertaine», car «c’est une monnaie qui n’est pas soutenue par un bien» réel mais utilisée comme un investissement, explique le professeur d’économie Steve Hanke de l’Université John Hopkins à Baltimore (Maryland).

Un canal de blanchiment?

Les échanges sont en outre totalement anonymes. Et ce «haut degré d’anonymat» peut conduire le bitcoin à devenir une «alternative monétaire au trafic de drogue ou au blanchiment d’argent», selon la BCE.

La BCE met aussi en garde contre un fonctionnement à la «Ponzi», système qui consiste à rémunérer les premiers investisseurs par les dépôts d’investisseurs ultérieurs, utilisé par l’escroc Bernard Madoff. Les utilisateurs de bitcoins ne peuvent en effet retirer leur argent que si d’autres personnes veulent leur acheter des bitcoins.

Suspension des échanges

Le bitcoin ne valait plus que 54 dollars vendredi, après un plafond à 266 dollars mercredi, selon la plateforme Mt. Gox, qui gère 80% des échanges de la monnaie virtuelle. Victime d’attaques informatiques, elle a dû fermer ses portes momentanément jeudi.

La volatilité du prix «n’est pas bonne pour le bitcoin», reconnaît Gavin Andersen. Mais «au fur et à mesure que le bitcoin prend de la valeur, et que les infrastructures qui l’entourent atteignent une certaine maturité, son prix par rapport aux autres devises deviendra plus stable», promet-il. Cela pourrait prendre «quelques années» et passer par des moments «chaotiques», admet-il cependant.

Ruée chypriote?

Selon certains analystes, la hausse vertigineuse du bitcoin aurait été provoquée par des investisseurs russes et chypriotes qui cherchaient à mettre leurs euros à l’abri au moment de la crise financière de Chypre. Mais pour le professeur d’économie Steve Hanke, la bulle des bitcoins a «éclaté» sous la pression d’investisseurs «majoritairement américains».

James Surowiecki avait pointé ce risque du doigt, dans la revue du Massachusetts Institute of Technology en août 2011. «Avec des devises ordinaires, il y a une limite à la spirale (de la baisse des prix) car les gens ont besoin de manger, de payer leurs factures» alors qu’avec le bitcoin «on peut très bien se porter sans jamais les dépenser».

SK/afp

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