Balade virtuelle dans une Genève transfigurée

Week end en baladeDes professeurs et des étudiants de la HES-SO donnent leur vision de la région en images 360° dans une application étonnante.

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«Le Google cardboard représente bien l’esprit HES-SO: un bout de carton couplé à de la technologie.» Il n’en a pas fallu plus aux équipes d’Olivier Donzé, professeur HES, pour se lancer dans la programmation d’une étonnante application smartphone, disponible depuis la semaine dernière. Elle s’appelle Regards et propose une balade virtuelle dans le Grand Genève.

Publiée dans le cadre de l’événement Frontières et urbanité, que la HES-SO a inauguré le 28 avril, cette application est née dans le même mouvement que le projet Miroirs: 25 bornes-miroirs de six mètres de haut, recouvertes de métal, qui forment le tracé d’une balade au fil de l’eau, de Thonon-les-Bains à Nyon. Regards invite à doubler la promenade d’une borne à l’autre par une visite virtuelle: à chaque point correspond une image à 360° du lieu en question, revu et corrigé par Olivier Donzé, le professeur Lionel Rinquet (Hepia), Benjamin Dupont-Roy et Guillaume Rey, assistants de recherche HES et Ana Sofia Domingos à la programmation. Les prises de vue ont été retouchées soit avec des images en 3D, soit avec des incrustations, pour donner forme aux visions des chercheurs.

Les images que proposent ces professionnels de la modélisation informatique du paysage valsent entre la prévision climatique à long terme, l’histoire de la topographie genevoise et la visualisation des données d’actualité. L’ensemble dessine un tableau surprenant voire inquiétant de notre région et de son avenir.

Prenons les Halles de l’île. Les immeubles de bureaux entourant la place ont tous été rehaussés cinq fois. On n’est plus à Genève, mais à Chicago, dans une atmosphère oppressante. Pont de la Machine, une vague s’apprête à engloutir les bâtiments. En légende, le texte de l’évêque d’Avenches qui évoque le tsunami de l’an 563, qui fit «périr plusieurs personnes». La Jonction, elle, se transforme en une vallée sèche et abyssale.

Par endroits, l’application verse dans la visualisation de journalisme de données. Place du Rhône sont empilés les 780 000 barils de pétrole qui sont négociés quotidiennement à Genève. Sur l’île Rousseau, la statue de l’écrivain est flanquée d’un autre empilement: les automobiles qui traversent le pont du Mont-Blanc, pendant une heure. Sur la promenade du lac, ce sont les 515 avions qui sont enregistrés quotidiennement à Cointrin qui se retrouvent simultanément dans le ciel genevois. Effet de saturation garanti.

Fil rouge de l’application: une tour de 1000 mètres, posée arbitrairement à la Jonction, et qui se retrouve sur toutes les images, même si elle est parfois cachée par la végétation luxuriante ou les glaces envahissantes. C’est du haut de cette tour que des vues aériennes de Genève sont proposées. Le parcours historique part de 1730, avec une carte de Micheli-du-Crest, à une vue aérienne d’aujourd’hui. Nous vous recommandons une halte sur la carte de Sigfried, en 1899, pour la beauté des couleurs, ocre, beige et le bleu des cours d’eau qui serpentent.

«Ce qui m’intéresse, c’est l’utilisation qu’en auront les gens sur place, conclut Olivier Donzé. J’espère que cette application les amènera à se poser des questions sur la ville et son développement.»

Ce que les chercheurs ont appris tout au long du projet va servir par la suite. «C’est le principe de la recherche appliquée, note Benjamin Dupont-Roy. Chaque recherche est accompagnée de réalisations concrètes.» Ici, cette réalité augmentée pourra servir d’aide à la décision notamment aux professionnels des métiers de l’aménagement du territoire: voir «sur place» les projets immobiliers, au-delà des maquettes 3D.

Créé: 06.05.2016, 18h19

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Obtenir l'application et un Google Cardboard

L’application Regards est disponible gratuitement sur Google Play et sur l’App Store d’Apple. Elle est compatible avec la plupart des smartphones sur le marché, assurent ses concepteurs.

Pour la visionner, il est nécessaire de la télécharger et de glisser son téléphone dans un des casques de réalité virtuelle actuellement disponibles sur le marché.

Des Google Cardboard, soit la version la plus abordable de ces casques, sont distribués gratuitement à l’accueil des écoles HES genevoises, à l’Office du tourisme et auprès des mairies françaises partenaires de l’événement Frontières et urbanité. Il est également possible de voir ces photomontages sans lunettes, sur son smartphone, même si l’expérience est moins immersive.

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