Des applis pour une contraception naturelle

SexualitéPlusieurs applications proposent de remettre au goût du jour la contraception par le biais de l'observation du cycle d'ovulation. Mais toutes les méthodes ne sont pas fiables.

Le cycle commence avec la notation des règles, qui correspond aux trois petites gouttes. L’application sollicite ensuite la prise de températures, le matin au réveil, avec un thermomètre à deux décimales (points violets). Et l’observation de la glaire cervicale (ligne des cylindres). Le changement de cette dernière, rond vert clair, suivi de trois étoiles pleines, correspondant à la montée de température, ferme la fenêtre de fertilité. L’application signale automatiquement ces éléments suivant les données entrées. La fenêtre infertile est notée en jaune.

Le cycle commence avec la notation des règles, qui correspond aux trois petites gouttes. L’application sollicite ensuite la prise de températures, le matin au réveil, avec un thermomètre à deux décimales (points violets). Et l’observation de la glaire cervicale (ligne des cylindres). Le changement de cette dernière, rond vert clair, suivi de trois étoiles pleines, correspondant à la montée de température, ferme la fenêtre de fertilité. L’application signale automatiquement ces éléments suivant les données entrées. La fenêtre infertile est notée en jaune. Image: Sympto

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Pilule, stérilet, préservatif, choisir un moyen de contraception à la fois efficace, pratique et sans incidence sur la santé, peut s'avérer un dilemme cornélien. La liste des effets secondaires liés à la pilule donne des sueurs froides, la perspective de se balader avec un corps étranger dans l'utérus n'est pas forcément convaincante ou adaptée, et utiliser continuellement un préservatif peut s'avérer rébarbatif, pour l'homme comme pour la femme. Il reste les méthodes dites naturelles, qui reviennent au goût du jour via des applications pour smartphones. Remplacer les hormones ou le stérilet par l'observation de son corps, un préservatif à intermittence et quelques clics? L'idée est séduisante, mais si le but n'est pas de se retrouver dans neuf mois à changer des couches, un tri éclairé est indispensable.

«Il faut être prudent, car certaines applications nous amènent au Moyen-Age. Il faut savoir sur quelle méthode on se base, celle du calendrier par exemple(ndlr: aussi appelée méthode Ogino) n'est pas du tout fiable, son utilisation comme moyen de contraception avait été déconseillée par son inventeur en personne. Il faut se méfier de toutes les applications qui font directement des prévisions sur le premier mois en se basant sur un cycle de 28 jours», relève la doctoresse Saira-Christine Renteria, directeur médical de la policlinique du CHUV et du centre de santé sexuelle-planning familial. Parmi les techniques de contraception naturelle dépoussiérées via des applis, la méthode symptothermique est la seule qui distingue en matière de fiabilité. «Si elle est appliquée parfaitement et à condition de pratiquer l'abstinence durant la longue phase fertile, elle représente un indice de protection très élevé. S'il y a des rapports durant cette période, l'efficacité de cette méthode se résume à celle du moyen de contraception utilisé. C'est donc une alternative intéressante pour certains couples», souligne Saira-Christine Renteria.

Comprendre le fonctionnement de son corps

Élaborée par le docteur autrichien Josef Franz Rötzer au début des années 70, la symptothermie combine plusieurs méthodes, notamment celle des températures et de Billings, qui est l'observation de la glaire cervicale (glaire sécrétée par le col de l'utérus). Dans les jours qui suivent les règles, l'aspect de cette dernière combiné à la variation de la température permet d'observer l'ovulation et donc de déterminer la phase d'infertilité.

Si la fondation PROFA propose une formation pour apprendre à maîtriser cette méthode, deux applications fiables permettent notamment de l'utiliser, myNFP (seulement disponible en anglais et en allemand) et sympto, développée par la Fondation SymptoTherm. Seule contrainte durant le cycle, l'observation de la glaire cervicale, la prise de sept températures au minimum durant tout le cycle, le matin au réveil, et l'entrée scrupuleuse de toutes les observations dans l'application.

«Au début, ça demande un peu d'apprentissage et si on a pris la pilule pendant plusieurs années, le cycle prend du temps à se stabiliser. Mais ça marche et ça permet de mieux comprendre le fonctionnement de son corps. On voit qu'un petit stress peut tout chambouler, je trouve ça passionnant», déclare Chloé tout en tapotant sur son smartphone où figurent depuis quatre mois les infos sur ses cycles. A 22 ans, l'étudiante en Sciences de la vie à l'EPFL, a commencé à pratiquer la méthode symptothermique de pair avec son stage de trois mois au sein de la Fondation Symptotherm. ). «Avant de commencer mon stage, j'avoue que j'étais un peu réticente face à cette méthode, mais c'est vraiment bien. Je trouve dommage que les médecins ne la présentent pas plus, quand j'en parle autour de moi, beaucoup de filles sont intéressées.»

Respecter le libre choix

Pourtant, malgré une légère augmentation des utilisatrices suite au scandale français lié aux pilules de 3e et 4e génération, encore peu de femmes se tournent vers la méthode symptothermique. Dans sa version francophone, l'appli sympto compte trente à quarante nouvelles utilisatrices chaque semaine. «On fait face à une désinformation de la part du corps médical, beaucoup de médecins prônent uniquement la pilule et ne présentent pas toutes les alternatives, c'est malheureux car la méthode symptothermique s'adresse aux femmes de tous les âges. Il suffit d'avoir envie de s'observer et de respecter son corps», résume Harri Wettstein, secrétaire de la Fondation SymptoTherm, basée dans la commune vaudoise de Lully.

Mais l'utilisation de la méthode symptothermique, même facilitée par une application, est-elle si aisée à appréhender? «C'est faisable si on est motivé, si on fait les mesures régulièrement et si on arrive à tirer les bonnes conclusions de son corps. L'apprentissage demande du temps, il y a donc la limite de la paresse humaine. Cependant le rôle des médecins est d'évoquer toutes la palette des méthodes de contraception», remarque la doctoresse du CHUV Saira-Christine Renteria. Ensuite, à chaque femme d'opter pour le mode de contraception qui lui convient, qui correspond à son mode de vie et à la relation avec son partenaire. (TDG)

Créé: 01.05.2015, 16h48

Sympto

Créée en 2008 et réactualisée en 2012, l'application sympto se décline en deux versions, sympto free disponible sur Iphone et Android et sympto plus (19 francs) disponible uniquement sur Android. Les deux applications offrent durant 15 jours le suivi d'une conseillère. Pour un suivi de six mois avec une conseillère, le prix s'élève à 150 francs. La Fondation SymptoTherm propose également sur son site sympto.org un manuel d'aide à l'utilisation téléchargeable gratuitement. L'application ainsi que le manuel sont disponibles en cinq langues (dont français, anglais et allemand).

MyNFP

Créée en 2010, l'application myNFP est disponible en anglais et en allemand sur Iphone et Android. L'appli peut être utilisée gratuitement durant trente jours. Son achat coûte ensuite six francs et deux francs tous les mois. Les utilisatrices peuvent poser leurs questions et échanger leurs conseils sur un forum. seul bémol, comme le site web et le manuel d'aide à l'utilisation, ce dernier est en allemand.

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