La facture de téléphone n'est pas près de baisser

RoamingLa Commission des Télécommunications des Etats tarde à faire pression sur les opérateurs. Elle a suspendu jeudi sa décision sur une motion exigeant une baisse du prix des communications mobiles depuis l’étranger.

Les retours de vacances sont parfois douloureux quand arrive la facture de téléphone mobile.

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Les retours de vacances sont parfois douloureux, pour qui a utilisé son téléphone portable à l’étranger. Et les choses vont mettre du temps à changer. La Commission des Transports et des Télécommunications (CTT) du Conseil des Etats a suspendu hier sa décision sur la motion socialiste intitulée «Halte aux tarifs de mobile prohibitifs à l’étranger».

Brider le prix du roaming

Le texte, déjà accepté par le Conseil national, charge le Conseil fédéral de fixer un plafond tarifaire, lorsqu’un abonné suisse utilise son mobile à l’étranger. «Le Gouvernement ne dispose pas de tous les instruments pour imposer une baisse des prix, note Géraldine Savary (PS/VD), membre de la CTT. Mais accepter la motion aurait envoyé un signal politique fort aux opérateurs».

Selon la motion, les prix suisses devraient s’inspirer des prescriptions de l’Union européenne (UE), qui impose régulièrement des baisses des tarifs d’itinérance aux opérateurs des 27 pays membres.

Des prix qui font mal au sac (à dos)

Il faut dire que les Suisses ont de quoi faire la grimace. Les Européens ne paieront dès cet été plus que 35 centimes d’Euro par minute. A l’horizon 2014, le tarif devrait baisser à 19 centimes d’Euro la minute pour les communications sortantes et 6 centimes le SMS.

Chez les opérateurs helvétiques, la facture est autrement plus salée. Sans abonnement spécial, Swisscom facture 80 centimes la minute de roaming et 40 centimes le SMS. Orange exige 1.70 franc à la minute et 45 centimes par SMS. Les clients Sunrise paient 1.70 franc la minute d’appel vers la Suisse et 50 centimes le SMS.

Il existe certes des abonnements mensuels pour faire baisser la facture, parfois de plus de 50%, mais on reste loin des tarifs européens.

Les opérateurs tiennent à la concurrence

De leur côté, les opérateurs suisses ne voient pas d’un bon œil cette intervention étatique dans le libre marché. «Si l’on plafonne un prix final pour le client, il faut aussi plafonner le prix d’achat pour les opérateurs», souligne Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom.

C’est que les opérateurs Suisses répercutent dans leurs tarifs de roaming les prix que leur imposent leurs partenaires étrangers. «Comme nous ne faisons pas partie de l’UE, les opérateurs européens étrangers en profitent pour pratiquer des prix élevés», note Roger Schaller, porte-parole de Sunrise. «Le plafonnement imposé par Bruxelles a un effet pervers sur nos négociations, car certains opérateurs européens essaient de compenser leurs pertes sur nous.»

Orange rejette également une régulation des tarifs de roaming. «Les mesures selon le modèle UE ne sont pas appropriées au marché helvétique, explique Marie-Claude Debons, porte-parole de l’opérateur. Elles pourraient être préjudiciables à la situation concurrentielle en Suisse.» Un avis que partage aussi le Conseil fédéral.

Ces arguments ne convainquent pas Didier Divorne, responsable du site allo.ch. «La Suisse adopte les lois européennes à longueur d’année. Pourquoi tergiverser avec les tarifs téléphoniques? En ces prix élevés profitent aux opérateurs des deux côtés de la frontière».

La fin du roaming?

Les opérateurs vont maintenant être convoqués devant la CTT pour une discussion sur leurs tarifs. La motion, ou une version allégée concoctée par la Commission, n’est donc pas prête de passer devant le Conseil des Etats.

D’ici à ce qu’un cadre légal vienne plafonner les tarifs d’itinérance mobile, le roaming aura peut-être disparu de lui-même. «Des applications permettront bientôt aux utilisateurs de se passer de leur opérateur d’origine lorsqu’ils téléphonent depuis l’étranger», explique Christian Neuhaus. Cette perspective n’effraie pas le porte-parole de Swisscom: «A vrai dire, le roaming est un peu comme une épine dans le pied. Il implique de longes négociations et les tarifs que nous sommes obligés de répercuter sur nos clients ne sont pas très positifs, côté image.» (nxp)

Créé: 29.06.2012, 07h23

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