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Le designer engagé contre la surveillance de masse

L’artiste Félicien Goguey, 25 ans, met en lumière l’artillerie sécuritaire des gouvernements tout en poursuivant des études supérieures à l’EPFL. Rencontre.

L’artiste engagé Félicien Goguey, 25 ans, a notamment développé le projet Masquerade, actuellement exposé au Kunsthaus de Langenthal (BE).
L’artiste engagé Félicien Goguey, 25 ans, a notamment développé le projet Masquerade, actuellement exposé au Kunsthaus de Langenthal (BE).
Magali Girardin

«Je ne suis pas opposé à la surveillance, mais à la surveillance de masse.» A 25 ans, Félicien Goguey, ancien étudiant à la HEAD, s’intéresse de près à l’épineuse question de la protection des données personnelles face à la surveillance gouvernementale. Suite à une formation en multimédia et réseaux informatiques, il a pu se rendre compte du «fossé» qui existe entre la perception que le grand public a d’Internet et la réalité. Installé à Genève, le jeune Français est aujourd’hui doctorant au laboratoire des humanités digitales de l’EPFL et assistant à la HEAD, où il souhaite sensibiliser les étudiants aux enjeux liés à cette problématique.

A travers ses workshops, Félicien Goguey pointe du doigt les excès liés à des outils de surveillance tels que les boîtes noires – des serveurs qui analysent le trafic en recherchant des comportements suspects – ou les IMSI-catchers, ces dispositifs de la taille d’une valise qui se font passer pour des antennes relais et permettent d’intercepter, sur près de deux kilomètres, non seulement des conversations mais également des données contenues dans les smartphones.

Le jeune homme conserve cette même visée pédagogique dans ses installations, où il utilise des moyens similaires à ceux des gouvernements pour interpeller le spectateur. C’est d’ailleurs en se penchant sur un texte de loi français lié à la surveillance qu’est né son travail Masquerade, actuellement exposé au Kunsthaus de Langenthal (BE). «Ce projet nous était présenté comme une mesure antiterroriste. En l’analysant, je me suis rendu compte qu’il ne portait pas uniquement sur des menaces d’attentats mais visait aussi la protection de données économiques ou scientifiques.»

Pour lui, ces «bulles de surveillance», qui modifient en profondeur les limites entre espace public et privé, ont des incidences négatives immédiates sur divers droits fondamentaux, tels que la liberté d’expression. «Je ne veux pas tomber dans une paranoïa incontrôlée, mais certaines réactions peuvent se révéler utiles. Je pense par exemple au chiffrement des e-mails grâce au logiciel PGP ou à l’utilisation de réseaux d’anonymisation tels que Tor.»

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