La maison intelligente enfin à la portée de tous

DomotiqueLongtemps annoncée, la démocratisation de la domotique est en marche. Mais des obstacles persistent.

Contrôler tous les paramètres de son logement (lumière, chauffage...) à distance depuis un smartphone, c’est la promesse des maisons intelligentes.

Contrôler tous les paramètres de son logement (lumière, chauffage...) à distance depuis un smartphone, c’est la promesse des maisons intelligentes. Image: HERO IMAGES

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Petit à petit, la maison intelligente fait son nid. Maintes fois annoncé, l’avènement des objets connectés est en passe de devenir une réalité. Selon différentes études, le nombre de ces appareils reliés à Internet devrait passer de 15 milliards aujourd’hui à plus 50 milliards d’ici à 15 ans. Des fourchettes qui comptent les calories absorbées aux montres intelligentes, en passant par les matelas qui envoient chaque jour un compte-rendu de la nuit, il y en a pour tous les goûts. «Cela fait déjà plusieurs années que l’on parle des applications potentielles de l’internet des objets, souligne Dominique Genoud, professeur à la HES-SO Valais et spécialiste du sujet. Mais désormais, la technologie rend possibles tous ces vieux rêves.»

Surtout, de nouveaux acteurs cassent les prix afin d’accélérer la démocratisation de ces systèmes. C’est le cas de la marque Devolo, qui propose, pour quelques centaines de francs, de transformer votre logement en véritable maison intelligente. «Jusqu’ici, les systèmes de domotique existant étaient très coûteux et donc seulement adaptés aux locaux des entreprises dans lesquels ils géraient l’éclairage et le chauffage ou la climatisation, explique Jean-Claude Jolliet, directeur Ventes et marketing chez Devolo. Nous avons voulu proposer des produits similaires à des prix accessibles, afin que la maison intelligente soit à la portée de tous.»

Une véritable démocratisation

Concrètement, ces systèmes proposent un éventail de solutions censées simplifier la vie à la maison en permettant de piloter des objets à distance par Internet. Avec les objets Devolo, par exemple, il est possible de déclencher le chauffage de sa maison depuis son lieu de travail, en utilisant son smartphone (voir notre test). Utile lorsqu’on possède un chalet en montagne et que l’on ne veut pas passer les premières heures de son week-end au ski congelé sous un plaid. Niveau sécurité: des détecteurs de mouvement, de fumée ou d’humidité peuvent vous prévenir en temps réel, par mail ou SMS, s’ils constatent une anomalie. Et, en matière de consommation, des prises intelligentes permettent d’évaluer sa consommation d’électricité et de l’améliorer.

Des fonctionnalités qui devraient séduire les clients. «Nous avons commencé la vente du Devolo Home Control en Suisse au mois d’octobre, raconte Jean-Claude Jolliet. Et les ventes sont au-dessus de nos attentes. Les gens plébiscitent particulièrement les prises intelligentes et les systèmes de sécurité. La démocratisation de la maison intelligente est en marche.»

Néanmoins, quelques écueils restent à surmonter. «Il faudra encore du temps avant que les smart homes deviennent un marché de masse, explique Georgios Lilis, chercheur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Le principal obstacle est la diversité des objets disponibles. Chaque marque construit des appareils dans son coin, sans se soucier de la compatibilité avec les appareils concurrents. Cela freine le développement de ce marché, d’autant plus que les solutions offertes peuvent être très vite dépassées par de nouvelles technologies.»

Dans les laboratoires de l’EPFL, Georgios Lilis se concentre donc sur l’élaboration de «middleware» ou intergiciels, permettant d’assurer une communication entre les vieux objets connectés et les neufs.

Diminuer sa consommation

Autre problème: la technologie possède parfois la fâcheuse tendance de nous compliquer la vie, alors qu’elle devrait nous la simplifier. «Dans la pratique, les maisons intelligentes restent encore trop complexes pour être acceptées, poursuit Georgios Lilis. Pour allumer une lumière, par exemple, il suffit d’appuyer sur l’interrupteur. Si dans votre maison intelligente, vous devez commencer par sortir votre smartphone de votre poche, cela n’a aucun sens.»

Les économies d’énergie pourraient représenter la véritable porte d’entrée de la domotique dans les maisons. «Ces systèmes permettent de mieux réguler sa consommation, confirme Georgios Lilis. Mais en Suisse, pays de locataires, les gens n’ont aucun intérêt financier à investir alors que le logement ne leur appartient pas. Et les propriétaires non plus, puisque ce sont les locataires qui règlent la facture d’électricité et de chauffage.» Selon l’expert, la domotique permettrait pourtant de réduire d’environ 20% la consommation.

Reste une autre question épineuse: la protection des données: «La domotique souffre encore d’un problème d’image lié à la sécurité des informations sur le Web, note Georgios Lilis. Pour le moment, ce problème n’a pas de solution.»

Créé: 16.12.2016, 18h19

Notre test: confectionner soi-même une «smart home» n’est pas si simple

«Nous voulons démocratiser la maison intelligente en proposant des produits financièrement accessibles à tous et faciles d’utilisation», explique Jean-Claude Jolliet, directeur Ventes et marketing chez Devolo. Sur le premier point, la promesse de la marque allemande est clairement remplie, puisque le Home Control, son kit pour débuter dans la domotique lancée en Suisse en octobre, est facturé seulement 260 fr. Pour la simplicité, en revanche, quelques détails restent à régler. Pour le tester, nous avons voulu commencer par programmer une action très simple: lorsque l’on pénètre dans une pièce, un détecteur de mouvement nous repère et les lumières s’allument. Simple sur le papier, plus difficile à mettre en place. Pour débuter il faut relier à Internet une boxe centrale, puis ouvrir la page Web dédiée sur son ordinateur. Ensuite, le logiciel permet d’installer progressivement les autres outils, à savoir, dans notre exemple, une prise intelligente à laquelle relier les lampes concernées et le détecteur de mouvement. Les branchements s’avèrent aisés, puisque bien expliqués par des vidéos, même si le système peine parfois à reconnaître les appareils connectés. C’est ensuite que la tâche devient complexe. Il nous faudra plusieurs heures avant de réussir à programmer le logiciel, afin que la lumière s’allume quand une personne entre dans la pièce, mais, subtilité, seulement la nuit. L’auteur de ses lignes s’est arraché les cheveux pendant presque une nuit avant d’y parvenir. Une fois installé, néanmoins, le résultat est probant et nous avons pu aller plus loin en raccordant un détecteur d’ouverture sur la porte du frigo et un détecteur de fumée. L’un et l’autre envoyant des mails d’alerte en cas d’anomalie. Au final, le système Devolo nous semble au point, même si la prise en main peut s’avérer fastidieuse. BE.B.

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