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BrésilGreenpeace dénonce une hausse de l’orpaillage en Amazonie

Entre janvier et avril, Greenpeace a observé une hausse de plus de 80% du déboisement en Amazonie pour l’installation de mines illégales.

Orpaillage illégal près d’une réserve indigène dans l’État de Para, au Brésil.
Orpaillage illégal près d’une réserve indigène dans l’État de Para, au Brésil.
AFP

Greenpeace a dénoncé jeudi une forte hausse de la déforestation à des fins d’orpaillage dans des zones protégées ainsi que dans des réserves indigènes de l’Amazonie brésilienne au cours des quatre premiers mois de l’année.

En se fondant sur les données recueillies par satellite par l’Institut national de recherches spatiales (INPE), l’ONG de défense de l’environnement affirme dans un communiqué qu’entre janvier et avril 879,8 hectares ont été déboisés dans des aires de conservation pour l’installation de mines illégales, soit 80,62% de plus que l’an dernier durant la même période.

Dans les réserves indigènes, la déforestation à des fins d’orpaillage au cours du premier tiers de l’année concerne 434,9 hectares. Cela représente 13,44% de plus qu’au début 2019.

Illégal

Selon Greenpeace, 72% de l’orpaillage au Brésil entre janvier et avril s’est déroulé dans des réserves indigènes, bien que ce soit formellement interdit, et dans des zones protégées, où l’extraction de métaux et minerais est très encadrée.

La période analysée coïncide avec la forte progression de la pandémie de nouveau coronavirus au Brésil qui a déjà contaminé plus de 7700 autochtones, dont près de 350 en sont morts, selon les chiffres de l’Association des peuples indigènes du Brésil (APIB).

«En considérant que les orpailleurs sont des transmetteurs potentiels du Covid-19 pour les indigènes, si l’on ne prend pas des mesures urgentes, les conséquences pourraient être catastrophiques dans la région», prévient Carol Marçal, de Greenpeace Brésil.

Mise en garde

Plusieurs ONG de défense de l’environnement mettent en garde: la campagne 2020 de déforestation de la plus grande jungle tropicale de la planète pourrait être une des plus destructrices, bien pire même que celle de 2019, qui avait soulevé une vague d’indignation mondiale.

Les écologistes accusent le gouvernement du président Jair Bolsonaro, un climatosceptique notoire, de favoriser la déforestation en appelant à légaliser l’agriculture ou les activités minières dans des zones protégées.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a qualifié jeudi d’«alarmant» le début de la saison des incendies de forêt. Ces feux, pour la plupart criminels, sont causés par des agriculteurs pratiquant le brûlis sur les zones déboisées pour pouvoir cultiver ou faire paître le bétail.

Les incendies de forêt au Brésil débutent tous les ans en juin et s’étalent jusqu’en octobre. Depuis le début de l’année, la déforestation a atteint plus de 2000 km2, 34% de plus que sur la même période de 2019, selon l’INPE.

(AFP/NXP)