Chanson olympiqueGojira et la Lausannoise Marina Viotti remportent le Grammy du metal
La vocaliste et le producteur yverdonnois Johann Meyer ont participé à la chanson récompensée dimanche aux Grammy Awards. Coup de fil depuis le tapis rouge.

- Gojira a remporté le Grammy de la meilleure performance metal.
- La prestation des Jeux olympiques a été réalisée avec la mezzo-soprano lausannoise Marina Viotti et mixée par Johann Meyer, natif d’Yverdon.
- Il raconte le grand barnum que représentent les coulisses des Grammy.
Lundi matin, 7 h, Yverdon s’éveille. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, la nuit ne fait que commencer et Johann Meyer, l’enfant du pays, fait sauter le bouchon de champagne sur West Hollywood. Gojira, le groupe français dont il bichonne le son depuis 13 ans, vient de recevoir le Grammy Award de la meilleure prestation metal, récompensant le retentissement mondial de sa performance régicide lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris.
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«On s’y attendait un peu, confie-t-il au téléphone. Gojira avait de gros concurrents dans les nominés – Metallica, Judas Priest – mais tout le monde nous disait que l’impact de la cérémonie, devant 2 milliards de spectateurs, avait été exceptionnel.» Le 26 juillet 2024, accrochés aux murs de la Conciergerie parisienne, les quatre musiciens avaient tanné façon death metal leur version de «Ah ça ira», avec l’aide de la mezzo-soprano Marina Viotti, née à Lausanne et elle aussi sur le tapis rouge de Los Angeles, dimanche soir.
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Johann Meyer, lui, n’était pas sur la photo mais a vécu la cérémonie dans le premier cercle du groupe français, depuis longtemps dans le top 5 du metal mondial. Le Grammy est aussi un peu le sien: l’Yverdonnois, qui fit ses classes à l’Amalgame où il rencontra Gojira, encore confidentiel en 2012, a peaufiné dans son studio new-yorkais le son de «Mea Culpa (Ah ça ira)» durant plusieurs mois, avec le groupe et le directeur musical des JO de Paris, Victor Le Masne.
«On est venu nous chercher à l’aéroport en van de luxe, pas en limousine mais c’est sympa quand même! Il faut savoir que la cérémonie débute très tôt le dimanche, il y a des Grammy pour tout, même pour les notes de livret, c’est dingue. Et il y a deux cérémonies, la «petite» dans une salle de 5000 personnes, retransmise surtout sur YouTube. Et la grande, en soirée dans une Arena de 20’000 places, diffusée sur les grandes chaînes télé. Nous étions dans la petite: le metal et même certains trucs hip-hop restent hors du grand public. L’industrie est encore très focalisée sur ce qui passe en radio.»

En ce sens, le Grammy de Gojira relève d’une valeur principalement symbolique. «C’est surtout une façon de faire connaître le style à un public plus large, convient Johann Meyer. Mais le groupe n’a pas besoin de cette récompense auprès de la communauté metal, elle se base sur d’autres facteurs, elle a ses propres réseaux.» Sur scène, le chanteur et guitariste Joe Duplantier a ainsi voulu «dédier ce Grammy à tous les groupes qui repoussent les limites.»
Avec Metallica
Après la cérémonie, Gojira et son équipe sont allés fêter leur réussite dans un restaurant de West Hollywood, au cadre plus relax que la Crypto.com Arena. «Ce sont des salles et des salles à la suite, avec parfois un bar qui sert des bières à 25 $, se marre Johann Meyer. Il n’y a que des professionnels, les stars sont encadrées dans les zones VIP, on ne croise pas grand monde. On a pu aller dans les gradins au-dessus de la scène principale, j’ai vu le live de Billie Eilish. J’ai papoté un moment avec Rob (ndlr: Robert Trujillo, bassiste de Metallica) que je connais bien. Un mec adorable. J’ai mixé le groupe de son fils.»
L’ingénieur du son et producteur vaudois a acquis une solide réputation aux États-Unis, dans le sillage de Gojira. Depuis son studio de Brooklyn, il produit à tour de bras et part en tournée avec les grands noms du hard rock américain. «L’invitation des Grammy a été l’occasion de prendre trois jours de vacances! Los Angeles est toujours étonnante, on sent que cette ville possède une aristocratie metal assez impressionnante, avec du fric, mais je me sens bien mieux à New York. Et merci pour l’article, ça fera plaisir à ma mère.»
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