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Grain de sable
Raël, de la guitare au pipeau

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Quel est le point commun entre Raël, Bernard Tapie et Henri Dès? Cherchez bien… Réponse: les trois ont commencé leur carrière comme chanteurs de variété, et les trois ont galéré de longues années avant que le succès ne les saisisse. Mais un seul d’entre eux a persévéré sur le chemin de la musique, préférant aux toges à pompons et aux costards trois pièces la salopette rouge du grand copain des plus petits. Merci Henri.

Ce préambule agréablement ésotérique pour aborder un sujet pas moins fumeux: si la gloire est universelle, les cultes qui y mènent sont particuliers. Et certains apparaissent à l’usage moins inoffensifs que d’autres. En l’occurrence, il est toujours étonnant de constater le nombre de gugusses à avoir tâté du micro et de la guitare avant de deviner qu’il est parfois plus facile, et bien plus rentable, d’embobiner une foule avec sa tchatche plutôt que par son talent musical.

Claude Celler, par exemple. Mais oui, rappelez-vous sa chanson, la délicieuse «Madam’ Pipi» en 1966! Non? Et le cocasse «Monsieur votre femme me trompe», la même année, toujours pas? «Sacrée sale gueule», non plus? L’auteur y glissait pourtant un indice… Le sacré, bien sûr, dont Claude Vorilhon, le patronyme au civil de Claude Celler, n’allait pas tarder à embrasser les mystères et les plaisirs sous un autre nom de scène, un meilleur, un qui en jette: Raël!

«Vous vouliez du rêve? Vous en avez eu.»

Le visionnage ébahi du film que lui consacre Netflix, passée la pauvreté journalistique d’un documentaire qui ne creuse jamais les questions qu’il soulève, rappelle ainsi que la star des soucoupes volantes a d’abord tenté de sortir de l’anonymat en poussant la chansonnette. Il fut même managé par Lucien Morisse, pas le premier des sourds puisqu’il a créé l’émission radio «Salut les copains» sur Europe 1, dont il était directeur des programmes. Qu’il se suicidât en 1970 n’a rien à voir avec l’insuccès de son poulain, mais c’est tout de même abandonné à lui-même que le chanteur malheureux dut chercher un filon pour, lui aussi, obtenir sa part d’argent et de groupies sans se casser le bassin comme Claude François.

Raël, 77 ans, vit aujourd’hui au Japon, avec ses jeunes copines autochtones qui rigolent à son bras et ont l’air de se fiche des petits hommes verts autant que lui désormais. Vous vouliez du rêve? Vous en avez eu. Au moins n’a-t-il pas poussé au meurtre à l’instar d’un autre gourou barbu, également chanteur raté, un certain Charles Manson. Ni foutu le feu à ses ouailles, à l’image de Jo Di Mambro, prêtre à moustache de l’Ordre du Temple solaire qui, enfant, régalait son village en jouant du violon. Avant de passer au pipeau.

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