Trois chantiers sur le lac pour mieux s’y baigner

TravauxLe Canton s’active sur trois sites afin d’améliorer l’accès des nageurs au Léman, alors que les étés caniculaires se multiplient et que la population est en pleine croissance.

La rive se transfigure au quai de Cologny (à gauche), à Bellevue (en haut) et à la plage des Eaux-Vives (en bas).

La rive se transfigure au quai de Cologny (à gauche), à Bellevue (en haut) et à la plage des Eaux-Vives (en bas). Image: STEEVE IUNCKER/M.M./GEORGES CABRERA

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Les initiés appellent ça une pince à sucre. Il s’agit d’un gros engin de chantier sur chenilles, juché sur un radeau flottant le long de la berge du lac et, vrombissant, il saisit de son bras articulé d’énormes plaques minérales qu’il dispose savamment sur la rive. À quoi cela peut-il bien servir? Un jour, vous bronzerez dessus.

Seul ou en partenariat, l’État mène actuellement trois chantiers sur les rives du Léman genevois pour en faciliter l’accès aux baigneurs. «Nous vivons le quatrième été consécutif où les températures excèdent 30 degrés et on ressent le besoin de fraîcheur des Genevois, explique Alexandre Wisard, directeur du Service cantonal du lac, de la renaturation et de la pêche. La population a augmenté ces dernières années sans qu’on ne lui offre davantage d’espaces publics: le lac en devient un.»

Genève compte 13 kilomètres de littoral lacustre en mains publiques contre 16 en propriété privée, mais l’État ne lorgne pas ces derniers: «Ce serait une bagarre sans fin, tranche Alexandre Wisard. Mieux vaut améliorer l’accès aux rives publiques.» L’approche se veut pragmatique, ce d’autant que nombre de parcelles riveraines du lac sont des biens diplomatiques.

Dalles et roseaux à Cologny

À ce titre, l’interminable quai de Cologny fait figure d’eldorado sous-exploité. Et c’est là que s’active la pince à sucre, qui manie des cubes de 4 tonnes. Au lieu-dit Port-Tunnel, le chantier lancé ce printemps et qui devrait s’achever au début de septembre consiste à rendre les actuels enrochements plus accueillants. Une courte zone transformée est déjà accessible alors que les travaux se poursuivent en amont. On pose de vastes dalles plates et carrées de calcaire (2 mètres sur 2 pour 40 centimètres d’épaisseur) au-dessus des rochers, de façon à créer une surface plane où il fait bon s’allonger.

Ce n’est qu’un prélude: il y aura cinq autres zones de gradins du même type d’ici à 2022 sur le tronçon d’un bon kilomètre commençant en amont des installations de wakeboard jusqu’au quai de chargement des entreprises lacustres, près du pavillon de Ruth. Déjà au bénéfice d’une autorisation de construire, le projet global est devisé à quelque 12 millions de francs, qui devraient être financés en bonne partie par les budgets ordinaires du service, lequel dit se sentir soutenu par son magistrat de tutelle, Antonio Hodgers. L’État coopère aussi avec la Commune de Cologny.

Dans un souci de variété, d’autres types d’aménagements sont aussi imaginés le long du quai. On prévoit notamment de vastes pontons circulaires. On planifie également trois zones de roselières, protégées tantôt par des digues, tantôt par un brise-vagues immergé à 80 mètres au large.

«Pour retrouver des berges lacustres authentiques, il faudrait démolir le quai, ce qui n’est pas envisageable, explique Jenifer Schlup, cheffe de projet. La solution consiste donc à favoriser l’émergence d’un milieu naturel, comme une roselière, en le protégeant des vagues. Cela en vaut la peine alors que seulement 2% des rives lémaniques ne sont pas artificialisées.» Des espèces rares de roseaux locaux sont d’ores et déjà mises en culture, à Aix-les-Bains où existe ce savoir-faire. On parle de plusieurs milliers de spécimens en attente de regagner le Léman.

Optimisme aux Eaux-Vives

Des roseaux, il y en aura aussi aux abords de la plage des Eaux-Vives, dont le chantier progresse rapidement face aux parcs de la Rive gauche et parallèlement aux travaux d’extension de la Nautique. Le projet est bien connu. Quelles sont les nouvelles?

La plage elle-même devrait être achevée en octobre alors que le remblai où s’étendra le parc est réalisé à 40%. On le sait: le site balnéaire ouvrira l’an prochain, mais il faudra attendre la fin du tassement des remblais avant de songer à bâtir en dur par-dessus. Or les responsables se font optimistes. «On espère pouvoir fournir certains aménagements définitifs en 2019, peut-être des douches», prédit Franck Pidoux, chef de projet.

Une plage zen

Celui-ci vante la qualité du gravier qui orne déjà la grève, du caillou de 4 à 32 millimètres issu de Bellegarde. «Ce sera la plage de gravier la plus confortable de Genève!» On a testé du pied et on approuve. La terre végétale provient des Communaux d’Ambilly, les remblais du parc de proches chantiers. De celui du CEVA? Non, pas un gramme.

Les réflexions vont par ailleurs bon train sur les futures règles du lieu. «On ne devrait admettre ni vélos ni chiens, indique Alexandre Wisard. Les Genevois souffrent du bruit et ont besoin d’une plage apaisante, zen, sans barbecue, sans musique amplifiée: c’est en tout cas l’esprit des discussions en cours.» (TDG)

Créé: 10.08.2018, 16h40

À Bellevue, Port-Gitana se mue en véritable plage

En collaboration avec la Commune de Bellevue, l’État est à nouveau intervenu sur le site de Port-Gitana, où de premières réalisations avaient été inaugurées en 2009. L’équipement le plus remarquable était une sorte de bassin rond, ceint par une jetée minérale circulaire reliée à un rivage en rocailles. Mais il y a du neuf: une véritable plage de galets a été créée au pied de ce mur, de part et d’autre de la jetée circulaire. «C’est le Canton qui a réalisé le sabot sur lequel se fonde la plage et qui a fourni le gravier, pour un montant de 300 000 francs», détaille Alexandre Wisard.

Le bassin lacustre circulaire sera bientôt transformé en jardin. La raison? «Nous allons végétaliser cet espace car l’eau stagnait à l’intérieur, ce qui favorisait la prolifération de puces de canard», explique le maire, Daniel Fabbi. Selon lui, le site est encore voué à évoluer. La Commune a fait l’acquisition de parcelles qui lui permettront de donner davantage d’espace aux usagers. «Rien n’est encore décidé quant à la suite, dit l’élu. On va y réfléchir avec le Conseil municipal, en digérant les dépenses que nous avons consenties pour les accès au lac, lesquelles totalisent près de 12 millions de francs en acquisitions et en travaux, si on inclut notre projet de club house qui démarrera cet automne à Port-Saladin (ndlr: à l’autre extrémité du village).»

La Commune veut aussi réfléchir à la fréquentation de son site balnéaire. «On donne un accès au lac fabuleux, rappelle le maire. Il y a eu beaucoup de monde cet été et quelques soucis: il faudra tirer un bilan.»

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