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Tracts contre Barroso: l’étudiant a été acquitté

Un vice de procédure a empêché un débat sur le fond.

Photo d'illustration
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Lucien Fortunati

Il comptait défendre la liberté d’expression et revendiquer son «droit à la critique sociale». Il n’en a pas eu le temps. Jonathan, 28 ans, qui comparaissait ce lundi devant le Tribunal de police pour «manifestation non autorisée» et «scandale sur la voie publique», a été acquitté par la juge Béatrice Antoine moins de vingt minutes après le début de l’audience. L’heure de l’infraction inscrite dans le rapport de police et sur l’ordonnance pénale n’étant pas la même, la magistrate a estimé celle-ci non valable.

Les faits reprochés remontent à mai 2015. Jonathan, alors étudiant en histoire économique à l’Université de Genève, distribue avec six autres personnes des tracts dans le bâtiment du Global Studies Institute pour dénoncer la venue de José Manuel Barroso, ancien président controversé de la Commission européenne. L’action des contestataires dérange les professeurs et collaborateurs présents. «On leur a donc demandé de sortir», précisait Julie Michaud, porte-parole de l’Université, dans un article du Courrier. Mais lorsque les étudiants s’exécutent, des policiers les attendent sur le parvis. Jonathan est emmené au poste. Trois mois plus tard, il reçoit une amende de 450 francs, qu’il conteste. Ce lundi, il était invité à se présenter devant la justice.

En deux ans, le jeune homme, accompagné de ses deux avocats, a eu le temps de préparer son argumentaire. «Est-ce que l’Université est dans son rôle en demandant à la police de réprimer des contestations étudiantes? C’est une atteinte à la liberté d’expression», nous résume-t-il avant l’audience. «L’Université se veut précisément un espace critique où on peut réfléchir aux questions sociales, souligne Noémie Dubois, secrétaire permanente de la CUAE, faîtière des associations d’étudiants, venue le soutenir. Se retrouver au Tribunal de police pour avoir simplement distribué un tract, c’est un peu excessif.»

Le vice de procédure esquive le débat. Jonathan savoure de son côté une victoire en demi-teinte: «C’est un peu frustrant d’être acquitté sur des détails techniques alors que nous avions des arguments de fond à faire valoir.»

Combien aura coûté cette mascarade? L’histoire ne le dit pas, mais l’audience a mobilisé une juge, deux secrétaires et un huissier. Quant aux frais d’avocats, ils s’élèvent à près de 1300 francs.

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