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Les tests de véhicules autonomes se multiplient

Genève prend la tête d’un programme de recherche européen. Les sites des Vergers et de Belle-Idée sont dans le viseur.

Les TPG ont acquis un minibus autonome qui a fait la démonstration de ses capacités lors du dernier Salon de l'auto. Sa mise en service attend encore un feu vert fédéral.
Les TPG ont acquis un minibus autonome qui a fait la démonstration de ses capacités lors du dernier Salon de l'auto. Sa mise en service attend encore un feu vert fédéral.
LAURENT GUIRAUD

Genève passe la vitesse supérieure dans les expérimentations de véhicules en pilotage automatique. Alors que les TPG ont acquis un minibus autonome l’été dernier, l’Université de Genève prend la direction d’un programme de recherche sur le sujet, baptisé Avenue. Impliquant aussi les villes de Copenhague, Lyon et Luxembourg, cette investigation bénéficiera pour quatre ans d’une manne de 22 millions d’euros, dont 16 accordés par l’Exécutif de l’Union européenne. Le Canton et les TPG sont partenaires du projet, tout comme des start-up issues des académies lémaniques.

Le consortium a lancé ses travaux cette semaine. Alors qu’un premier accident mortel impliquant une voiture autonome est survenu en mars en Arizona, n’y a-t-il pas de crainte? «Non, car il y a plusieurs différences, répond Dimitri Konstantas, coordinateur d’Avenue et professeur à l’Université de Genève. Aux États-Unis, il s’agissait d’un accident nocturne d’un taxi, alors que nous parlons de bus, qui rouleront plus lentement et seulement de jour. Ils dépendront en outre non pas d’une société privée, mais d’une entité publique dont la sécurité sera un but primordial. C’est aussi une condition sine qua non du financement européen.»

Pour l’heure, les TPG ont pu exploiter leur minibus autonome durant le Salon de l’auto sur une parcelle privée jouxtant Palexpo. Ils attendent encore un feu vert fédéral pour embarquer des passagers sur le domaine public, sur la courte ligne XA, créée à cet effet entre la gare de Meyrin et l’Hôpital de La Tour. Des essais à blanc ont été effectués sous escorte policière. La régie a pu former son personnel d’accueil.

Des pistes d'avenir

Et la suite? Selon Dimitri Konstantas, trois autres véhicules autonomes entreront en scène entre l’automne prochain et la mi-2019. Mais pas au centre-ville. «Le trafic y est dense, c’est compliqué, note l’académicien. On restera dans des zones suburbaines peu ou mal desservies. Le véhicule autonome doit permettre d’y développer un service à la demande, sur mesure, de porte à porte. À terme, on peut imaginer desservir des zones villas. Mais il faut d’abord dépasser la phase expérimentale.» Car pour le moment, le bus tend à interpréter la chute d’une feuille d’arbre ou une forte pluie comme des écueils et à s’arrêter net.

Où verra-t-on donc les minibus autopilotés s’ébattre dans un premier temps? Deux pistes sont évoquées. Le quartier meyrinois des Vergers, qui accueillera 3500 habitants en 2020, pourrait être le cadre d’une desserte à la demande, rabattant les usagers sur les trams 14 et 18. Il pourrait s’agir d’une extension de la ligne XA.

Une autre ébauche vise le site hospitalier de Belle-Idée. Les navettes autonomes pourraient progressivement y assurer une desserte fine des pavillons et bâtiments de ce vaste campus, terrain privé ne nécessitant pas d’aval fédéral. L’idée est aussi d’y vérifier quels services additionnels, ici d’ordre médical ou d’assistance à des personnes à mobilité réduite, peuvent se développer grâce aux véhicules autonomes. Une telle desserte sur mesure pourrait à terme se substituer aux lignes principales qui traversent le site et pourraient se redéployer dans d’autres directions.

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