Taxer l’immobilier pour dynamiser la biodiversité

ÉcologieLe PDC propose que 1% du budget de tout projet de construction finance des mesures pour la flore et la faune sauvages.

Dans les milieux immobiliers, l’idée est accueillie fraîchement.

Dans les milieux immobiliers, l’idée est accueillie fraîchement. Image: Lucien Fortunati

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Faut-il taxer la construction d’immeubles pour booster la biodiversité? C’est ce que propose un projet de loi intitulé «Pourcent naturel», déposé le 19 mars par le Parti démocrate-chrétien. La formation centriste veut exiger des promoteurs immobiliers qu’ils consacrent au minimum 1% du prix de revient de tout projet de construction au financement de mesures en faveur de la biodiversité. Il s’agirait d’aménager des biotopes pour la flore et la faune sauvages, tels que des arbres et des haies d’espèces indigènes, des prairies fleuries, des étangs, des toits et des murs végétalisés, etc.

Ces aménagements devraient en principe prendre place sur la parcelle concernée ou à proximité immédiate. Si cela s’avère impossible, la somme correspondante serait versée au fonds cantonal pour la biodiversité, afin de mettre ces mesures en œuvre dans un quartier proche ou, à défaut, dans un autre lieu propice sur le territoire genevois. Les promoteurs disposeraient d’une marge d’un an pour s’exécuter. S’ils ont déjà compensé l’abattage d’arbres par des plantations, comme l’exige la loi, ou qu’ils ont pris d’autres initiatives favorables à la biodiversité, leur coût serait déduit de la contribution de 1%.

L’auteure de la motion, la députée suppléante Christina Meissner, estime que les dispositions légales en la matière sont actuellement insuffisantes: «En dépit des instruments de protection de la nature et du paysage existants, la disparition des espèces se poursuit à un rythme jamais atteint auparavant dans l’histoire, écrit-elle dans son projet de loi. La biodiversité est en danger à Genève! Or, dans la zone à bâtir, elle n’est favorisée que sur une base incitative, pratiquement sans moyens disponibles.» Le fonds cantonal pour la biodiversité? Vide! Le programme Nature en ville? Son financement dépendant du budget que le parlement alloue ou non, d’année en année, sa concrétisation est trop aléatoire.

Pour Christina Meissner, la bonne volonté ne suffit plus: «Dans les zones de développement, les prix de construction sont contrôlés par des plans financiers qui laissent peu de marge à la biodiversité. Notre jeunesse nous le rappelle aujourd’hui de manière insistante, il est temps d’agir très concrètement sur le terrain.»

Dans les milieux immobiliers, l’idée est accueillie fraîchement: «L’enfer est pavé de bonnes intentions, réagit le secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière (CGI), Christophe Aumeunier. Cette loi augmenterait les loyers et le prix des appartements à la vente. Je fais confiance à l’intelligence des développeurs de projets, qui n’ont pas attendu Christina Meissner pour réaliser des toitures végétalisées, des potagers urbains et d’autres choses. Il n’y a pas besoin d’une loi pour ça.»

(TDG)

Créé: 08.04.2019, 21h00

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