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Six nouveautés électrisantes présentées au Salon de l'auto

A Genève, la foire n'a jamais exposé autant de voitures électriques. Sélection.

1) La bombe électrique de Piëch

La toute jeune marque germano- suisse, basée à Zurich et à Munich, présente son premier modèle, Mark Zero, qui fait déjà beaucoup parler de lui. Imaginez un peu: une voiture de sport, entièrement électrique, qui se recharge à 80% en moins de cinq minutes et assure 500 km d’autonomie! La belle est véloce, mais légère aussi: le prototype biplace dévoilé hier pèse moins de 1800 kilos grâce à des matériaux spéciaux. «Nous en avons eu l’idée il y a trois ans et demi, expliquent les cofondateurs Rea Stark Rajcic et Toni Piëch. Nous voulions une sportive qui soit taillée pour le XXIe siècle, mais avec l’élégance des années 60 et 70.» Pari gagné: c’est elle qui orne l’affiche du Salon.

Le poids de la propulsion électrique est habilement réparti sur trois «e-moteurs» déployant environ 450 kW/h. Cette voiture servira de plateforme pour d’autres types de moteurs, hybrides, à pile à combustible ou à essence. Après avoir connu quelques déboires financiers par le passé, Piëch est remis à flot par des partenaires chinois, dont Aiways, et c’est avec une société basée à Hongkong, Desten, qu’il a travaillé sur les batteries électriques. Le premier prototype roulera à la fin de l’année, et la production démarrera dans trois ans environ. Son prix avoisinera les 150'000 à 170'000 euros (170'000 à 190'000 francs).

2) Le Buggy vert pomme de VW

C’est un prototype, et il ne sera pas commercialisé tout de suite (2023), mais c’est lui que Volkswagen a choisi pour symboliser sa grande offensive de mobilité durable. L’ID Buggy représente «la liberté, le plaisir, bref tout l’esprit des années 60», a résumé Frank Welsch, responsable du développement technologique de la marque. La «voiture de plage à zéro émission» est voulue comme un modèle évolutif, destiné à faire la preuve de la polyvalence de la nouvelle plateforme électrique du géant allemand. «Ce châssis est commun à toute la famille des véhicules électriques, et Volkswagen va déployer ces prochaines années toute une série de modèles, qu’il s’agisse de minibus, de SUV, de Crossover ou de limousines», précise-t-il.

Actuellement, l’autonomie moyenne des voitures électriques de VW (comme la e-Golf par exemple) est déjà de 300 km, «mais l’ensemble de la famille ID atteindra bientôt les 500 km». Pour le chief operating officer Ralf Brandstätter, «Volkswagen prend ses responsabilités et 2019 marque le coup d’envoi d’une campagne vers la digitalisation et l’électrification». Avec pour objectif la vente, en 2025, d’un million de véhicules électriques par an, et l’augmentation de 20% des modèles électriques dans sa gamme.

3) Audi présente le Q4 e-tron concept

C’est le 5e modèle (déjà!) de la série e-tron de la marque aux anneaux. Un SUV traction sur quatre roues, doté d’une batterie de 125 kW/h, rechargeable à 80% en moins de 230 minutes, et d’une autonomie de 450 km. «Il donne un avant-goût de ce que sera la cinquième série de production de véhicules électriques que nous allons commencer dès 2020», explique Audi.

Il s’agit du premier véhicule de la marque à reposer sur la plateforme modulaire MEB (Modular Electrification Platform) de Volkswagen, qui équipera aussi les modèles électriques des marques Seat (la El-Born) et Skoda (la Vision iV), également dévoilés à Genève – en tout 27 véhicules d’ici à 2021. Audi est présente en force sur ce thème à Palexpo, avec quatre modèles électriques de la gamme e-tron, ainsi que quatre nouvelles versions d’hybrides rechargeables. La Q4 e-tron pourrait représenter la parade à la nouvelle Tesla Y, qu’Elon Musk a promis de présenter le 14 mars. «Nous nous sommes donné un but très clair: en 2025, une Audi vendue sur trois sera un véhicule électrique», a insisté Bram Schot, président du conseil d’administration. À cette date, Audi aura mis sur les principaux marchés pas moins de douze modèles entièrement électriques, et ce mode de propulsion devrait représenter un tiers de ses ventes.

4) La 208 s’électrifie à marche forcée

La nouvelle Peugeot 208 présentée à Genève symbolise l’irruption de l’électricité au cœur des petites voitures du segment B, pilier du marché en Europe. En fin d’année, le modèle sera proposé dès son lancement en diesel, essence ou 100% électrique. Cette e-208 revendique une autonomie de 340 km, inférieure à celle de la Renault Zoé. En France, les tarifs démarreront autour de 25'000 euros, prime gouvernementale de 6000 euros déduite.

Cette électrification à marche forcée reflète les contraintes écologiques draconiennes qu’imposera l’Union européenne à ses constructeurs dès l’an prochain, avec de très lourdes amendes à la clé. Cette décision de réduire de 40% les émissions de CO2 est un diktat contre l’industrie européenne qui «met en péril les 13 millions de personnes qui travaillent dans notre industrie», a fustigé Carlos Tavares, patron de Peugeot-Citroën (PSA) dans une interview accordée au «Figaro» lundi. Les voitures électriques sont «une bonne solution», a déclaré mercredi celui qui préside l’Association des constructeurs européens. «Il faut qu’on accélère, mais comme pour toute accélération il y a une limite, et je pense qu’on l’a franchie», a-t-il menacé.

5) Polestar 2: l’anti Tesla de Volvo

Volvo n’est plus au Salon, mais sa filiale Polestar, oui, et elle y crée l’événement. Encore un pare-feu contre Tesla? Un an après la Polestar 1, un coupé hybride de 600 chevaux, la division premium de Volvo a dévoilé hier la Polestar 2, destinée à contrer l’arivée de la Tesla Model 3 (débarquée à Genève il y a deux semaines). Cette berline entièrement électrique a une autonomie de 500 km, grâce à une batterie de 78 kWh, qui délivre une puissance de 408 chevaux. La Tesla Model 3 annonce quant à elle 530 km d’autonomie.

Tesla peut compter sur un excellent réseau de superchargeirs, mais la Polestar 2 est livrée de série avec un chargeur de 11 kW, tout en étant compatible avec des bornes de recharge rapide jusqu’à 150 kW. Pas de clé non plus, mais le concept «phone-as-key», une technologie qui transforme votre smartphone en en clef via une application dédiée. On peut y lire notamment l’autonomie restante ou le niveau de charge Comme Tesla, les commandes de la Polestar 2 ne se feront qu’en ligne (il est déjà possible de la précommander sur polestar-com), mais la production ne démarrera pas avant début 2020. Les premières seront les versions haut de gamme (59'900 euros, soit 68'000 francs), puis viendra l’entrée de gamme à 39'900 euros (45'000 francs).

6) David e. GO contre Goliath Honda

Ce qui compte, dans une voiture électrique, c’est la batterie, pas le moteur. Ce qui explique la floraison de petits constructeurs. Prenez Günther Schuh, universitaire allemand à l’origine de la marque e. GO. Après avoir investi 17 millions d’euros dans le développement de ses modèles – et 35 millions dans son usine d’Aix-la-Chapelle –, il produira cette année 3000 petites citadines e.GO Life à 15'900 euros pièce. «Nous l’avons conçue autour de petites batteries, celles de forte capacité ne deviendront jamais bon marché», explique celui qui lance aussi des minibus autonomes de 15 places, en partenariat avec l’équipementier ZF.

À l’autre bout du spectre, Tom Gardner, vice-président de Honda en Europe, promet une gamme «100% électrifiée en 2025». Symbole de ce basculement, sa petite E reprend la bouille craquante d’un concept présenté il y a deux ans et rappelant les premières Civic. Les réservations seront ouvertes cette année et le florilège d’équipements technologiques laisse escompter un prix premium. Cette percée du géant japonais va de pair avec l’annonce de partenariats – avec les bornes de recharge du suisse EVtech ou la start-up berlinoise Ubitricity – destinés à tisser une véritable infrastructure de gestion du courant en Europe.

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