Ruth Dreifuss et Robert Cramer ne veulent pas de RIE III

Votation fédéraleL’ancienne conseillère fédérale et le conseiller aux Etats montent au front dans la dernière ligne droite pour appeler à refuser la réforme.

Ruth Dreifuss est l'une des trois anciennes conseillères fédérales à prendre position contre RIE III, avec Ruth Metzler et  Eveline Widmer-Schlumpf

Ruth Dreifuss est l'une des trois anciennes conseillères fédérales à prendre position contre RIE III, avec Ruth Metzler et Eveline Widmer-Schlumpf Image: Magali Girardin

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A enjeu exceptionnel, campagne exceptionnelle. Pas moins de trois anciennes conseillères fédérales et un ancien conseiller fédéral ont pris position ces dernières semaines sur la réforme fédérale de l’imposition des entreprises (RIE III). Il s’agit de Pascal Couchepin, Ruth Metzler, Eveline Widmer-Schlumpf et Ruth Dreifuss. Lundi, la socialiste genevoise a dit une nouvelle fois pourquoi, selon elle, les Suisses doivent dire non à RIE III le 12 février.

A une semaine du vote, le comité unitaire genevois qui combat la réforme jette ses dernières forces dans la bataille. Si les opposants n’ont pas les mêmes moyens financiers que les partisans (le rapport serait de 1 à 15), ils ne sont pas dépourvus de munitions. Lundi, outre Ruth Dreifuss, ils ont pu compter sur l’appui de Robert Cramer, conseiller aux Etats écologiste et ancien conseiller d’Etat.

«Trop, c'est trop»

La raison de l’engagement de la première? «Trop, c’est trop, répond-elle. Si j’estime qu’il y a un devoir moral à supprimer les statuts fiscaux privilégiés, la réforme a été tellement chargée d’astuces fiscales qu’elle va créer de nouvelles inégalités entre les entreprises, en privilégiant les grandes face aux PME. Il s’agit de refuser de signer un chèque en blanc.»

Le montant des pertes fiscales l’inquiète aussi beaucoup: «Des scénarios évoquent des pertes de l’ordre de 3 milliards de francs pour toute la Suisse. C’est énorme. D’expérience, je sais que les baisses d’impôts sont toujours suivies de réduction des prestations sociales et des investissements dans l’éducation, la formation, la santé et l’environnement.»

Plan B possible

Sur la même longueur d’onde, le conseiller aux Etats Robert Cramer parle de désinformation de la part des partisans de la réforme. «Affirmer qu’il n’y a pas de plan B en cas de non le 12 février est un véritable mensonge, assure le Genevois. Le plan B existe. Il faut renoncer à tous les excès que le Conseil national a ajouté au projet du Conseil fédéral. Prétendre que refuser RIE III conduira au chaos est factuellement faux.»

La réforme que ces opposants appellent de leurs vœux devrait limiter au maximum les pertes fiscales pour les collectivités publiques et ne pas attiser la sous-enchère fiscale entre les cantons. Tous espèrent que la réponse donnée dimanche par les citoyens permettra de corriger le tir. «La crainte du souverain est le commencement de la sagesse», conclut Ruth Dreifuss.

(TDG)

Créé: 06.02.2017, 18h49

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