Rocco Siffredi: «Je suis devenu une marque internationale»

GenèveLe salon Extasia ouvre ses portes ce vendredi. La star italienne de films pour adultes en profite pour parler affaires.

Rocco Siffredi: «Aujourd’hui, il est devenu difficile de lutter contre les petits génies et les grands financiers d’Internet.»

Rocco Siffredi: «Aujourd’hui, il est devenu difficile de lutter contre les petits génies et les grands financiers d’Internet.» Image: ANDREA RONCHINI/CORBIS

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L’étiquette de business man, Rocco Siffredi la refuse. Lui, l’ex-acteur de films X passé réalisateur, respecte trop sa profession pour se prendre pour quelqu’un d’autre. «Je suis un expert en sexualité», préfère répéter l’Italien – quelque 1300 films au compteur et 31 ans de métier – dans un français quasi parfait. Une image que l’homme se plaît à véhiculer, au détriment souvent de ses autres casquettes. Producteur, homme de télé ou encore promoteur de vin, à 51 ans, la carrière de la star ne se résume pourtant pas à ses performances physiques devant la caméra. Alors à l’occasion de sa venue à Genève en tant que tête d’affiche du Salon érotique Extasia - du 1er au 3 avril, à l’hôtel Ramada Encore de La Praille - on se permet d’insister. Pornographe certes, mais aussi homme d’affaires? Rocco Siffredi – marque déposée depuis 1993 – finit par acquiescer.

A 51 ans, votre nom et votre anatomie continuent de marquer la profession. Une réussite certes, mais vous sentez vous parfois prisonnier d’un rôle, d’un secteur d’activité?

Prisonnier non. Ça voudrait dire que je rejette tout ce que j’ai construit jusqu’à maintenant. Il existe un domaine dans lequel j’excelle. Certains passent leur vie à le chercher, j’ai la chance de l’avoir trouvé très jeune. Aujourd’hui, mon nom est connu dans le monde entier. Je suis devenu une marque internationale. Il y a pire comme base pour développer un produit, lancer un business. Par ailleurs, la pornographie fait moins peur, est de plus en plus décloisonnée. Des ponts se créent avec le monde des affaires plus traditionnel. Le moment est donc venu pour moi d’en profiter, et de capitaliser sur mes autres talents.

La pornographie est très présente certes, mais est-elle vraiment plus acceptée?

Les frontières sont de plus en plus floues, c’est un fait. Récemment le succès décomplexé du livre érotique Cinquante nuances de Grey est encore venu le rappeler. Il faut comprendre qu’aujourd’hui, les sites pour adultes sont les plus consultés du monde. Certaines entreprises traditionnelles ont décidé de ne pas se priver de ce moyen de diffusion et n’hésitent plus à y faire de la pub. Je pense notamment à des marques de prêt-à-porter.

Une ouverture dont vous bénéficiez?

Le Rocco de 51 ans n’a rien à voir avec le jeune acteur d’une vingtaine d’années que j’ai pu être. J’ai pris de l’assurance et n’ai plus besoin de me cacher derrière mon entrejambe. L’ancien pilote de Formule 1 Jarno Trulli m’a par exemple proposé de développer une marque de vin en 2013 (ndlr. baptisée tout simplement Rocco). J’ai accepté. Mon expérience me rend aujourd’hui légitime pour aborder des sujets qui n’ont rien à voir avec la sexualité. Mon visage est apparu sur des paquets de chips, de café… Après je garde un secteur de prédilection. Parmi mes nombreux projets, il faut mentionner une chaîne de restaurants Hard Rocco café – dont la spécialité serait le hot-dog de 23 cm – un substitut naturel au Viagra ou encore la création d’un Universal Studio du porno à Budapest.

Des affaires qui font de vous un entrepreneur à succès?

Des idées qui me permettent de me diversifier et de ne pas mettre tous mes œufs dans une industrie du X en pleine mutation. Il y a une vingtaine d’années, j’ai compris que celui qui détenait les droits sur les images détenait l’argent. Je me suis émancipé des producteurs pour faire mes propres films avec mon style particulier, plutôt agressif. Une approche révolutionnaire pour un acteur de l’époque. Mais aujourd’hui il est devenu difficile de lutter contre les petits génies et les grands financiers d’Internet. Leur sang va au cerveau quand le mien descend à la ceinture. Des plates-formes de pornographie en ligne exploitent mes images sans que je touche quoi que ce soit en contrepartie. Mes revenus en pâtissent. Je gagne aujourd’hui trois fois moins qu’il y a dix ans et je fais partie des privilégiés.

Et lancer son propre site Internet?

Mon distributeur John Stagliano a essayé. Il a investi plus d’un million de dollars pour créer sa plate-forme. Mais ça n’a pas marché. Ce n’était pas assez pour s’imposer. Pour se faire une place aux côtés des YouPorn et autres sites du même genre, il faut investir des fortunes, trouver des partenaires puissants. L’autre solution aurait été de faire partie des pionniers dans ce domaine. Nous sommes arrivés trop tard.

Créé: 31.03.2016, 20h50

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