Réformer notre fiscalité communale est urgent

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Avec la densification en cours des centres urbains, la situation financière des villes genevoises est aujourd’hui périlleuse. En raison de la structure de leurs populations, nos villes assument des charges plus importantes, liées aux politiques nécessaires en milieu urbain pour soutenir les familles monoparentales, les aînés, les chômeurs, les personnes migrantes et celles précarisées.

A cela s’ajoutent les coûts inhérents aux infrastructures proposées par les centres urbains, présentant généralement d’importants effets de débordement, en attirant des bénéficiaires bien au-delà des frontières communales. Cette situation est encore aggravée par les transferts de charges du Canton vers les communes ainsi que par la réduction des recettes de la fiscalité des grandes entreprises, des revenus et des fortunes. Le bouclier fiscal, les niches et autres avantages fiscaux, le manque de contrôles contre les fraudes, la diminution de la taxation des plus riches: voilà qui met à mal les caisses publiques. Nos villes sont très préoccupées par cette tendance à la concentration des richesses, qui fait porter le poids de la cohésion sociale de plus en plus sur les épaules des classes moyennes qui, à juste titre, contestent cette charge. Un autre problème est que l’impôt continue à être prélevé principalement sur le seul travail alors que les emplois se raréfient et que la robotisation et l’économie numérique s’étendent à tous les pans de l’économie traditionnelle (Uber, Alibaba…). Et si les flux financiers internationaux explosent, notre système fiscal reste, lui, ancré sur une vision de l’économie du XXe siècle.

C’est pourquoi il est nécessaire de repenser en profondeur la perception des impôts afin de taxer les profits là où les gains se génèrent: gains boursiers et sur le capital, intelligence artificielle, robots… Il conviendrait aussi d’accroître la taxation des transferts d’argent, transactions financières comme héritages, afin de favoriser la mobilité sociale qui a tant contribué au dynamisme de nos sociétés durant les Trente Glorieuses et qui semble désormais en panne. Ces recettes pourraient ainsi compléter avantageusement l’impôt sur le revenu.

C’est dire si l’érosion des recettes fiscales et le poids de plus en plus lourd assumé par les villes en matière de cohésion sociale et de protection des populations face aux pollutions rend urgent de revoir notre système fiscal. Il en va du renforcement de l’équité et de la justice de toutes et tous les contribuables, ainsi que de la garantie que les prélèvements participent à réduire les inégalités en favorisant les bonnes pratiques, la mobilité sociale et la redistribution. (TDG)

Créé: 19.10.2017, 11h27

La concentration des richesses fait porter le poids de la cohésion sociale de plus en plus sur les épaules des classes moyennes


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