Un référendum est lancé contre la réforme du stationnement

GenèveLe TCS et la NODE veulent que le peuple se prononce sur la suppression de 4000 places dans les rues du centre de l'agglomération.

La réforme attaquée vise à supprimer sans compensation 4000 places dans les rues du coeur de l'agglomération afin de concrétiser la Loi sur la mobilité cohérente et équilibrée.

La réforme attaquée vise à supprimer sans compensation 4000 places dans les rues du coeur de l'agglomération afin de concrétiser la Loi sur la mobilité cohérente et équilibrée. Image: Laurent Guiraud

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Largement acceptée au Grand Conseil le 12 septembre, la réforme de la compensation du stationnement demandée par le conseiller d'État chargé des Transports, Serge Dal Busco, n'est pas au bout de ses peines. Un référendum est lancé afin de soumettre l'objet aux citoyens genevois.

«Le but est de donner à la population l'occasion de se prononcer sur un sujet qui concerne tout le monde», explique François Membrez, président de la section genevoise du TCS, laquelle s'embarque dans cette croisade aux côtés de l'organisation patronale NODE, au nom des milieux commerçants.

Multiples assouplissements

Pour rappel, la réforme vise à accélérer la concrétisation de la Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (LMCE), un compromis entre plusieurs partis politiques de gauche et de droite que le peuple a avalisé en 2016, à une majorité de 68%. Elle assouplit le principe de compensation des stationnements supprimés dans les rues du cœur dense de l'agglomération – principe inscrit dans la législation genevoise en 2012 afin d'y maintenir une offre de référence de 22'289 places.

Trois moyens sont utilisés pour adoucir ce carcan. D'une part, la réforme triple le nombre de cases pouvant être compensées par des capacités existantes mais sous-utilisées dans des parkings en ouvrage. D'autre part, elle élargit la définition des parkings souterrains utilisables pour cette dérogation, ce qui permet d'en inclure seize au lieu de six actuellement. Enfin, une retouche affecte la LMCE: le texte de 2016 permet de renoncer à la compensation de stationnements si leur suppression permet de fluidifier et sécuriser le trafic; avec la révision, l'un ou l'autre objectif suffit.

Moyennant ces ajustements, qui permettraient de biffer quelque 4000 cases sans les remplacer, le Conseil d'État se fait fort d'appliquer la LMCE, laquelle priorise les transports publics et la mobilité douce en zone urbaine tout en ceignant le centre-ville d'une moyenne ceinture à vocation routière. «Avec cette proposition, nous pourrons réduire à quatre ou cinq ans le délai, absurde, de 28 ans estimé pour concrétiser la volonté populaire», a promis Serge Dal Busco face aux députés lors du débat parlementaire du 12 septembre. Le démocrate-chrétien faisait ainsi prévaloir sa première réforme majeure.

Les référendaires reprochent à la réforme de s'en prendre à la mauvaise cible et exhortent à viser le trafic de transit. Les référendaires contestent l'argument selon lequel la réforme se justifierait par le prochain déploiement intégral du Léman Express, ce réseau ferré régional susceptible de prendre en charge une partie du trafic pendulaire. En effet, selon les opposants, les stationnements de rue visés par la réforme sont surtout destinés aux habitants et aux clients des commerces, et non pas aux travailleurs venus de la périphérie.

5294 appuis à trouver

En outre, les contestataires donnent maints exemples d'artères embouteillées alors qu'elles sont dépourvues de stationnements. C'est, à leurs yeux, la preuve que la suppression de parkings n'est pas de nature à atténuer les engorgements.

Enfin, les adversaires de la réforme jugent qu'elle ne tient pas compte des évolutions attendues dans le domaine de la mobilité. «Les nouveaux projets immobiliers comptent moins de places en sous-sol, tandis que l’utilisation de la voiture pour la mobilité d’achats et de loisirs demeure prépondérante et augmentera de 18% d’ici à 2040», arguent-ils. Ils ajoutent que l'essor de l'auto-partage et de l'électro-mobilité entraînera de nouveaux besoins en termes de stationnements en surface.

Le délai référendaire court jusqu'au 30 octobre. Les opposants doivent recueillir au moins 5294 signatures valables.

Créé: 22.09.2019, 11h12

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