«Toutes les questions relatives à l’avenir d’Internet sont traitées à Genève»

NumériqueA l’ère du tout-digital, l’ONU et ses agences se retrouvent en première ligne pour résoudre les problèmes.

Directeur de la DiploFoundation, Jovan Kurbalija, a créé la Geneva Internet Platform pour mieux réfléchir aux enjeux des politiques numériques.

Directeur de la DiploFoundation, Jovan Kurbalija, a créé la Geneva Internet Platform pour mieux réfléchir aux enjeux des politiques numériques. Image: DR

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Genève est en train de s’imposer comme un haut lieu de la gouvernance mondiale d’Internet. L’avenir de la Toile se joue ici, sur les bords du Léman. L’ONU et ses agences concentrent l’essentiel des discussions relatives aux politiques numériques. Les travaux menés dans les enceintes onusiennes vont sceller les règles qui régiront la vie des internautes duront les prochaines décennies. Le directeur de la Geneva Internet Platform (1), Jovan Kurbalija,s'emploie à nourrir le débat et la réflexion sur le rôle que Genève va être amenée à jouer dans les prochaines années. Pour cet éminent spécialiste des politiques numériques, il n’y a aucun doute, Genève est devenue incontournable.

Pourquoi Genève est-elle en pointe sur les questions de gouvernance d’Internet?

Parce que c’est le siège de l’ONU et de plusieurs agences importantes. La digitalisation de la société moderne a un impact sur le commerce, la santé, mais aussi les droits de l’homme. De fait, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est amenée à traiter de la question de l’e-commerce, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la numérisation des données médicales et le Conseil des droits de l’homme de la protection de la vie privée des usagers de la Toile. Près de 50% des questions relatives aux politiques numériques font l’objet de discussions et d’arbitrages qui ont lieu à Genève. Bref, toutes les organisations basées à Genève sont plus ou moins concernées.

«Le patient dont le dossier a été entièrement numérisé n’a pas envie que ses informations personnelles se promènent sur la Toile»

Vous pouvez en citer d’autres?

Il y a l’Union internationale des télécommunications (ITU), qui traite les questions techniques relatives aux réseaux et aux infrastructures. On peut aussi citer l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), qui, outre la gestion des brevets, doit aussi gérer les questions de droit liées aux données digitales.

Quelles problématiques liées à la digitalisation des données Genève traite-t-elle?

En matière de santé, par exemple, se pose la question de la préservation du secret médical. Comment faire pour que ces données soient sécurisées? Le patient dont le dossier a été entièrement numérisé n’a pas envie que ses informations personnelles se promènent sur la Toile. Le Conseil des droits de l’homme s’est lui aussi emparé de cette question de la protection de la vie privée. Elle est centrale. Mais il s’agit aussi de protéger la liberté d’expression des internautes. Ce sont des questions complexes.

En matière de gouvernance mondiale d’Internet, quelle est aujourd’hui la priorité?

La question centrale du moment, c’est la cybersécurité. La protection des données est la priorité. Genève a un rôle important à jouer dans ce débat car c’est l’endroit où peuvent se réunir autour d’une même table les gouvernements, les représentants du secteur privé et les usagers.

(1)La Geneva Internet Platform (GIP) a été créée par les autorités suisses (EDA et BAKOM) en partenariat avec le Conseil des ETH, l'Université de Genève et le DCAF. Je suis à la tête de la GIP depuis sa creation, en 2014. (TDG)

Créé: 25.09.2017, 18h02

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